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Accueil | Plan | Nous contacter | Recherche | Textes bibliques Proclamation du grand commandement
Le texte donne un premier énoncé : " Craindre YHWH ton Dieu ". Les deux parties de cette formulation sont importantes. Crainte de YHWH qualifie, dans l’ancien Orient, ce que nous désignons habituellement par " foi " ou " religion ". Elle est orientation de l’être sur le mystère divin. Crainte ne s’oppose pas à amour, la suite de la phrase le montre. Crainte inclut amour, désigne la situation devant Dieu. Pour nommer cet état embrassant toute l’existence, on a choisi ce mot : l’oriental savait bien mieux que nous, combien grand et étranger à nous est le mystère divin. Il savait que Dieu, lorsque l’homme en fait l’expérience, apparaît toujours comme l’Autre ; devant lui l’homme prend peur. La crainte de Dieu ne doit cependant pas en Israël se diriger sur le divin de façon vague, ni sur les nombreux dieux auxquels on croyait alors, mais sur l’unique Dieu. Son nom est YHWH, il est " Dieu d’Israël ". Voilà qui renvoie à une pensée dominée par l’alliance. L’alliance avec Dieu se laisse dire en la courte formule : qu’Israël devienne peuple de YHWH et YHWH sera Dieu d’Israël. Dans la foi, Israël doit s’orienter vers le Dieu qui fait alliance, YHWH. C’est tout ce que Dieu exige de lui. En une seconde série d’énoncés est développé ce que signifie la crainte de YHWH. Il s’agit de suivre ses voies. La route est un symbole primitif de l’existence humaine. L’homme parcourt un chemin. Il s’agit de prendre le bon. Pour Israël, c’est le chemin de YHWH. Mieux, toutes les voies sont siennes. Nombreuses sont les possibilités du salut, car l’appel de Dieu n’est pas uniforme. Pour chaque situation, il y a un chemin particulier. Qu’Israël suive donc la voie de YHWH. Il aimera Dieu alors. Cet amour n’est pas sentiment, mais fidélité et don. Dans le milieu politique où s’origine la pensée de l’alliance, le mot amour pouvait être utilisé pour qualifier les relations de vassalité du roitelet à l’égard du roi. Le contrat demandait d’aimer son suzerain ; en ses lettres, le vassal assurait ce dernier de son amour. YHWH de même demande à son peuple vassal, Israël, de l’aimer. L’amour devient service. Ces termes datent, eux aussi de l’ère politique de la vassalité. S’agissant de Dieu, s’y associe immédiatement l’idée d’un service divin, cultuel. En lui s’exprime l’amour d’Israël pour son Dieu. Le service qu’Israël doit à YHWH n’est pas seulement extérieur, il est rendu " de tout (son) cœur, de tout (son) être ". Cette expression aussi, connue par les contrats politiques et la correspondance diplomatique, est reportée ici dans le domaine religieux. Voilà qu’est explicité ce que signifie pour Israël, craindre son Dieu. Cette seule et unique exigence de YHWH, on ne peut la remplir que si l’on est disposé à " garder les commandements de YHWH et les lois ". L’unique commandement engendre beaucoup de préceptes. Et par ailleurs, les nombreux préceptes ne servent que l’unique commandement : garder Israël dans la crainte de YHWH.
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