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- Prier avec la Bible - Comprendre les psaumes - Psaume 40 (39) sur l'attente du Seigneur
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Pour une prière vivante et continue

Souvent l’homme passe, presque dans le même souffle, de la prière d’action de grâces à l’appel au secours. Le Ps 40 (39) nous fait refaire ce chemin de l’homme que Dieu a « entendu » et qui, pourtant, se retrouve confronté à l’angoisse.


Parcourir le psaume

Le psaume peut se découper ainsi :
v. 2-12 : action de grâces
v. 13 : verset de jonction
v. 14-18 : appel au secours

L’action de grâces (v. 1-12) se décompose ainsi :
v. 2-4 : ce qu’a fait le Seigneur pour celui qui prie
v. 5-11 : témoignage du psalmiste
v. 12 : énonciation de foi

L’appel au secours possède une structure concentrique :


A v. 14 : appel au secours vers le Seigneur




B v. 15 : ceux qui « cherchent » le malheur du psalmiste
B’ v. 17 : ceux qui « cherchent » Dieu




A’ v. 18 : foi dans l’intervention du Seigneur





Prière d’action de grâces (v. 2-12)

En hébreu, le psaume s’ouvre sur la répétition de la racine « espoir » (« attendre, j’ai attendu le Seigneur » dit la TOB). Le péril n’est pas précisé (ce qui rend cette prière adaptable à nombre de situations) et aussitôt le psalmiste atteste la réponse de Dieu.

L’écoute de YHWH s’est concrétisée par le salut décrit selon deux images classiques :

– « Il me tira du gouffre tumultueux, de la vase des grands fonds » manière de dire le malheur et la misère de la condition humaine (voir Ps 69, 3.16 88, 7 140, 11 18, 5).
– « Il m’a remis debout, les pieds sur le rocher ». En hébreu, une allitération renforce l’assurance du retour à la situation debout : dresser = qoum et affermir = koun. En outre, dans maints psaumes, le Seigneur est qualifié de « roc » (voir Ps 18, 3.32.47 ; 19, 15 ; 28, 1 ; 31, 4 ; 71, 3).

Mais cette intervention salutaire a d’autres conséquences :

– Le psalmiste louera son Dieu d’un « chant nouveau ». La louange, fondée sur les actes divins de salut, s’y renouvelle, en ses mots, en sa force.
– L’entourage du psalmiste verra, craindra et aura foi en YHWH. La prière de celui que le Seigneur a écouté, est non seulement action de grâces envers Dieu, mais encore prière qui amène des frères à la foi.
D’ailleurs, entre le v. 4 et le v. 5, le mot crochet est le verbe « se confier, avoir foi en » (hébreu : batar). Et l’homme qui met sa foi en YHWH est « heureux », à la différence des méchants. Ce v. 5 rappelle, avec évidence, les premiers mots du psautier et tout le Ps 1 qui rappelle le choix offert à tout homme : celui de la foi ou de l’impiété.

Le psalmiste n’a pas d’hésitation, pas de doutes. Les merveilles de Dieu pour les hommes, innombrables, sont à annoncer à tous ceux qui n’ont pas encore reconnu le Seigneur comme « leur » Dieu (v. 6). Et les v. 7 à 11 explicitent cette annonce rendue crédible par le fait que Dieu a déjà écouté et sauvé (champ sémantique de l’annonce = v. 6 : annoncer, répéter, dire v. 10 : annoncer, ne pas retenir les lèvres ; v. 11 : ne pas cacher, parler, ne pas dissimuler).

– Plus importante que les sacrifices est la conversion du cœur de l’homme (v. 7-8). Les dispositions intérieures sont plus importantes que la matérialité des rites (voir aussi Ps 51, 18-19 et Ps 69, 30-32).
– Le livre, la Torah contient les volontés de Dieu : à l’homme de lui obéir.
– Le désir de la Loi doit habiter l’homme.
– Le croyant, le sauvé, a pour mission de témoigner devant le peuple, de parler (v. 10), de rappeler à la « grande assemblée » (v. 10 et 11) la justice, la loyauté, le salut, l’amour et la vérité de Dieu, qui manifestent la façon dont Il conduit les événements dans la vie des fidèles.
– L’espoir et la foi attendent tout de la tendresse du Seigneur (v. 12) et son amour et sa vérité « préserveront » l’homme. En hébreu, le verbe traduit par « préserver » est le verbe nâçar qui signifie plus précisément « protéger » et que l’on retrouve en Is 49, 6, en Ps 32, 7 ou Ps 64, 2. C’est donc, si l’homme le veut, que le Seigneur continue à « préserver » sa créature, selon son amour et sa vérité. C’est donc que l’homme, reconnaissant les dons divins, docile et prompt à la louange, au-delà de l’angoisse, peut vivre le bonheur de sa vocation en se laissant guider par la volonté de Dieu.


Transition (v. 13)

Ce verset surprend le lecteur. La forte affirmation de foi du psalmiste du verset précédent y est malmenée ; la description de sa situation existentielle est bien différente de celle de la première partie du psaume ; le vocabulaire aussi est différent (malheurs, submerger, fautes, cœur qui manque).

De nombreux exégètes estiment que ce verset a été ajouté pour servir de lien avec l’appel au secours des v. 14-18. Cette opinion est confirmée par le fait que cet appel au secours constitue, tel quel, le psaume 70.


Prière d’appel au secours (v. 14-18)

La structure de cette prière est concentrique. Elle met en valeur les aspects suivants :

– le besoin de « aide » : le mot fait inclusion aux v. 14 et 18. Mais cette inclusion recèle une précision dans son énonciation. En effet, si, au v. 14, le secours est l’objet de l’appel du psalmiste, au v. 18, le secours est Dieu lui-même : « Toi, mon aide et mon libérateur, mon Dieu ».
– l’urgence du secours est aussi signifiée dans ces mêmes versets (en 14 « vite », en 18 « ne tarde pas »).
Les ennemis du psalmiste (v. 15 et 16) sont opposés à ceux qui ont pris le parti de Dieu (v. 17). Le parallélisme des deux emplois du verbe « chercher » renforce cette opposition. De même, le vocabulaire met en évidence les différences :

v. 15-16 : honte, déshonneur, ôter la vie, déshonorés, malheur, honte
v. 17 : exulter de joie, aimer, salut

Là encore se dessinent les deux voies du Psaume 1 !

La relation entre celui qui appelle, prie, et son Dieu intègre la réalité de la vie. L’homme est « pauvre et humilié », en attente de la réponse à son cri. Dieu est « Seigneur » : « Adonaï » dit le texte hébreu, c’est-à-dire le Dieu de Puissance. Un Dieu qui exerce sa puissance pour rester proche de celui qui l’appelle et pour le sauver (verbe « palat » = mettre en sécurité, libérer voir Ps 18, 3 144, 2). C’est pourquoi l’homme peut s’adresser à Lui en disant « mon Dieu ».

Cet appel au secours, ajouté à une prière d’action de grâces emplie d’une foi profonde et tournée vers ses frères, ses derniers mots, « ne tarde pas », font naître, dans le cœur de celui qui prie le Ps 40, la conviction que, à la suite de ces versets, d’autres cris priants vont jaillir…. Le cri du v. 18 va être, à nouveau, entendu par Dieu… et une nouvelle action de grâce s’élancera… et ainsi de suite… C’est pourquoi les mots des psaumes d’il y a 2 500 ans sont actuels pour chaque génération… C’est pourquoi ils servent encore à notre prière…

Le grand élan des hommes vers le Seigneur abrite successivement angoisses et joie, souffrances et libération. Ce qui fait basculer la vie des hommes d’un registre à l’autre, c’est l’intervention salutaire de Dieu. C’est là la grande affirmation de foi de la prière des psaumes : l’homme supplie son Dieu de le sauver et le loue, immédiatement, de lui avoir répondu, sûr qu’il est que la réponse divine ne peut qu’advenir, dans le même élan, dans le même souffle de vie.

Mais cet homme n’oublie pas, non plus, que supplication et louange montées du cœur sont nécessaires pour qu’elles produisent des fruits, plus au large, dans la « grande assemblée »…


Pour rejoindre le Nouveau Testament…

Pour méditer sur un aspect du psaume 40 (39) qui n’est pas traité dans ce bref commentaire, allez relire la citation que l’épître aux Hébreux en fait pour exprimer la disposition intérieure qui a commandé l’oeuvre du Christ incarné : « Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : De sacrifice et d'offrande, tu n'as pas voulu, mais tu m'as façonné un corps. Holocaustes et sacrifices pour le péché ne t'ont pas plu. Alors j'ai dit : Me voici, car c'est bien de moi qu'il est écrit dans le rouleau du livre : Je suis venu, ô Dieu, pour faire ta volonté. Il déclare tout d'abord : Sacrifices, offrandes, holocaustes, sacrifices pour le péché, tu n'en as pas voulu, ils ne t'ont pas plu. Il s'agit là, notons-le, des offrandes prescrites par la loi. Il dit alors : Voici, je suis venu pour faire ta volonté Il supprime le 1er culte pour établir le second. C'est dans cette volonté que nous avons été sanctifiés par l'offrande du corps de Jésus Christ, faite une fois pour toutes. » (He 10, 5-10).

© Catherine Bizot Service biblique catholique Évangile et Vie



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