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Accueil | Plan | Nous contacter | Recherche | Textes bibliques Les fruits de la T.O.B. La publication de la "Traduction Œcuménique de la Bible" (TOB), tout d’abord le Nouveau Testament en 1972, puis l’Ancien en 1975 et enfin une édition intégrale en un seul volume en 1987, a été une étape très importante dans l’approche et l’étude de la Bible dans les pays francophones. Alors adolescent, Christian Bonnet, directeur de l'Alliance Biblique Française, se rappelle… et souligne un certain nombre de conséquences non négligeables qui en ont découlé par la suite. Quand la TOB a été publiée dans les années 73-75, j’étais adolescent mais c’était le plein boom du mouvement œcuménique et je participais déjà aux premières études bibliques œcuméniques dans ma ville. Les protestants arrivaient avec leur bonne Bible Segond sans aucune note, si ce n’est des références de passages parallèles (rien dans les poches, tout dans la tête), tandis que certains catholiques arrivaient avec leur TOB flambant neuve et, à tout bout de champ dans la discussion, s’écriaient avec la fraîcheur de nouveaux lecteurs de la Bible : "Ah, j’ai une note !" et ils nous infligeaient la lecture intégrale de la note en question, même si elle n’avait que peu de rapport avec le sujet de la discussion en cours !
Au-delà de ces petites "erreurs de débutants" dont je me souviens avec une certaine tendresse, je dois reconnaître que la TOB a suscité à partir de ces années 70 un formidable élan d’intérêt pour la Bible. Aucune statistique n’est disponible, mais il est indéniable que le renouveau biblique qu’a connu l’Église catholique et qui a souvent pris une dimension œcuménique a provoqué la création de très nombreux groupes bibliques ou catholiques, protestants et orthodoxes lorsqu’ils étaient représentés ont découvert le plaisir de se mettre ensemble à l’écoute de la parole de Dieu. Le fait de lire la même traduction de la Bible a appris aux chrétiens à s’écouter et à se respecter les uns les autres dans leur interprétation et leur appropriation de la Bible.
La TOB s’inscrit dans la droite ligne des décisions du Concile Vatican II, notamment celles qui concernent l’Écriture Sainte qui sont rassemblées dans la Constitution "Dei Verbum" dont nous célébrons cette année le 40e anniversaire de la promulgation. Dans son article III/12, "Dei Verbum" encourage les lecteurs des Écritures à être attentifs aux genres littéraires : "Pour comprendre correctement ce que l'auteur sacré a voulu affirmer par écrit, il faut soigneusement prendre garde à ces façons de sentir, de dire ou de raconter, qui étaient habituelles dans le milieu et à l'époque de l'hagiographe, et à celles qui étaient habituellement en usage ça et là à cette époque, dans les relations entre les hommes." À l’époque où la TOB se prépare dans les milieux bibliques francophones la méthode en vogue est celle de la critique historique. L’exégète tente de reconstituer, à partir du texte lui-même et de ce qu’il peut connaître de la période historique concernée, les différentes étapes de l’élaboration du texte. À travers ses introductions et ses notes, la TOB traduit de façon évidente cette préoccupation. Elle devient donc le modèle d’une approche scientifique du texte biblique, qui n’exclut pas dans un deuxième temps une appropriation plus spirituelle.
La traduction de la TOB prenant de plus en plus d’importance chez les chrétiens francophones, l’équipe d’informaticiens de l’abbaye de Maredsous s’est lancée dans la préparation d’une concordance du texte de la TOB. Une innovation notable : pour la première fois, les mots français sont mis en relation avec les mots hébreux ou grecs qu’ils traduisent, et à l’inverse une table en fin de volume donne les différents mots français qui ont servi à traduire chaque mot du texte original. Les chrétiens prennent ainsi d’avantage conscience de la "médiation" que constitue inévitablement toute traduction. L’engouement que nous constatons aujourd’hui pour les langues bibliques est un fruit indirect de cette sensibilisation au texte original que la TOB a opéré dans ses notes et par sa concordance originale.
La TOB est un ouvrage éminemment consensuel et de ce fait a totalement innové en matière de présentation des livres. L’Ancien Testament est traduit de l’hébreu ? Alors utilisons l’ordre des livres tel qu’on le trouve dans la bible hébraïque. Les catholiques reconnaissent l’inspiration des livres deutérocanoniques ? Alors mettons-les dans la TOB. Les protestants ne les considèrent pas comme aussi importants que les livres canoniques ? Alors regroupons-les à la fin de l’Ancien Testament hébraïque, sur le modèles des bibles publiées par les protestants du 16e au 19e siècle. C’est ainsi que la TOB a vulgarisé chez les protestants l’appellation "deutérocanoniques" qui provenait du Concile de Trente (eux parlaient plutôt de livres "apocryphes") et les a accoutumés à fréquenter ces livres dont la connaissance est indispensable si l’on veut comprendre les bouleversements religieux provoqués par la tentative d’hellénisation forcée du peuple juif, et leurs conséquences sur la théologie du Nouveau Testament.
L’Alliance biblique universelle se donne comme mission que, dans tous les pays du monde, les chrétiens aient accès à des éditions de la Bible à un prix qu’ils sont capables de payer. Par un énorme effort de solidarité à hauteur de 45 millions d’Euros annuels, elle finance des projets de traduction de la Bible dans des langues où elle n’existe pas encore et elle abaisse artificiellement le prix des ouvrages pour les rendre accessibles à tous. C’est ainsi que la TOB à notes essentielles a pu être proposée à bas prix en Afrique francophone et qu’elle est devenue la version la plus utilisée par les chrétiens catholiques. À tel point que l’Église catholique d’Afrique a perdu l’habitude de lire l’Ancien Testament dans l’ordre de la Septante. Au moment de l’édition de la nouvelle Bible Parole de Vie en l’an 2000, l’évêque d’Abidjan qui avait été consulté sur ce sujet a explicitement demandé que cette nouvelle édition adopte l’ordre dit "interconfessionnel" : AT dans l’ordre hébreu, livres deutérocanoniques, NT.
La TOB a fait la démonstration au monde entier qu’il était possible pour des chrétiens divers de préparer ensemble une traduction lisible par tous. Par la suite, l’Alliance biblique française a poursuivi dans cette voie : la Bible en français courant et la Bible Parole de Vie sont des traductions préparées par des équipes interconfessionnelles. Toutes deux ont reçu l’Imprimatur de l’Église catholique. Encore une conséquence de la Constitution "Dei Verbum" qui déclarait que les versions préparées "même avec les frères séparés, pourront être utilisées par tous les chrétiens" (DV, VI/22). Sur le terrain en Afrique, des équipes interconfessionnelles de traducteurs se sont également mises au travail pour rendre la Bible disponible dans les langues et dialectes où elles ne l’étaient pas encore. L’Alliance biblique universelle a dû préparer pour eux des outils spécifiques. Des "Manuels du Traducteur" proposent une exégèse au fil du texte en soulignant tout particulièrement les aspérités et difficultés du texte original sous l’aspect de la traduction. Ces manuels utilisent deux traduction interconfessionnelles : la TOB, considérée comme une traduction par équivalence formelle et la Bible en français courant, modèle d’équivalence dynamique. Lorsque Maurice Carrez a préparé son Nouveau Testament interlinéaire grec-français, ce sont encore ces deux traductions qui ont été placées en regard du mot à mot pour en éclairer le sens. L’Alliance biblique prépare actuellement un Ancien Testament interlinéaire hébreu-français, sous la direction de Francine Leclerc. La TOB et la Bible en français courant seront de nouveau en regard. […]
Depuis quelques années, la Bible a été réintégrée dans les programmes de l’Éducation Nationale. Les enseignants sont tenus de faire étudier à leurs élèves des textes de l’Ancien ou du Nouveau Testament. Étant chargé par les coéditeurs de la TOB d’administrer ces demandes de cession de droits, je suis bien placé pour savoir que dans presque tous les cas, les éditeurs de manuels scolaires choisissent le texte de la TOB. Reconnue par toutes les Églises, la TOB ne porte pas pour autant le label d’une Église (elle n’a pas l’Imprimatur de l’Église catholique). Elle apparaît donc aux yeux de ces éditeurs comme un modèle de qualité et de neutralité. Si les enfants d’aujourd’hui apprennent à connaître la Bible avec la TOB, il y a fort à parier que la TOB portera encore pendant longtemps des fruits insoupçonnés… © Christian Bonnet, B.I.B. n° 65 (décembre 2005), p. 16-18. Page suivante : La Bible dans les études de théologie protestante © 2006 S.B.E.V. et ISCAM-production Les textes, les cartes, dessins et images sont la propriété du Service Biblique catholique Evangile et Vie (S.B.E.V.), 8, rue Jean Bart - 75006 Paris, tél. 01 42 22 03 89. La reproduction est autorisée à des fins non commerciales et à la condition de citer l'auteur (le cas échéant), le propriétaire (Service Biblique catholique Evangile et Vie) et le site (bible-service.net). Nous contacter Site réalisé avec la plate-forme de publication web ICT/ISCAM-PRODUCTION Identifiez-vous |
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