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Accueil | Plan | Nous contacter | Recherche | Textes bibliques Suppl. au n° 134, Les tentations du Christ Dieu met à l’épreuve ; quant à Satan, il tente... Là où notre langue trace un fossé quasi infranchissable entre les deux termes, la Bible hébraïque et sa version grecque usent chacune d'un unique vocable, que reprennent les récits évangéliques des tentations. Ceux-ci illustrent, comme le montre clairement l'étude exégétique, comment le Christ a revécu les épreuves d'Israël durant l'Exode et, à l'inverse du peuple, les a surmontées. C'est pourquoi le présent Supplément offre trois dossiers sur "la mise à l'épreuve", par Dieu, de l'homme et du peuple. Il est question avant tout d'Abraham lors du sacrifice d'Isaac, et d'Israël lors de l'Exode. Il faut noter comment le judaïsme rabbinique saura mettre en relief le caractère positif de l'épreuve, que celle-ci soit exceptionnelle ou qu'elle appartienne à la vie quotidienne. Par ailleurs, le lecteur ne doit pas s'étonner de voir passer sous silence le texte de Gn 3 : ce dernier n'use pas du vocabulaire qui nous intéresse. Et ce sera seulement à partir de l'exégèse médiévale que la référence à la faute d'Adam deviendra une clé majeure du récit des tentations de Jésus. En fait, les textes chrétiens paraissent avoir mis en avant, dès les rédactions évangéliques, le caractère négatif de la mise à l'épreuve ; il est caractéristique que la TOB rende les termes grecs par "tenter" et "tentation", tant en Mt 4,1-3 que dans le Notre Père. Les Pères marchent dans cette voie ; la cause est entendue au moyen âge, lorsque la tentation est comprise comme "une impulsion ou une persuasion à l'illicite" (Albert le Grand au XIIIe s.). Après la lecture de ce Supplément, celui qui "tentera" de tenir ensemble les deux lignes de force pourra conclure : le Christ est tout à la fois éprouvé par son Père et tenté par le diable. Auteurs : Jacques Briend, Gilbert Dahan, Jean-Noël Guinot, Pierre Haudebert avec la collaboration de Anne-Catherine Avril, Michel Berder, Jacques Berlioz, Gérard Billon, Hugues Cousin, Venceslas Deblock, Jean-Louis Desclais, François Laplanche, Michelina Tenace. Suppl. au n° 134, "Les tentations du Christ", 136 pages, SBEV / Éd. du Cerf, 2005 (11 €). p. 3 - "Mettre à l’épreuve" dans l’Ancien Testament. (J. Briend) La tradition biblique, utilisant le verbe hébreu "nasah", souligne d’abord que Dieu peut mettre à l’épreuve son peuple, mais aussi des personnes, à commencer par le patriarche Abraham. À l’inverse, le peuple lui-même peut mettre Dieu à l’épreuve en mettant en doute son action efficace en sa faveur. Le désert est le lieu emblématique de cette situation qui se rencontre aussi lorsque le peuple habite la terre promise. p. 12 - Encadré : "Du Satan au Diable" (J. Briend) p. 13 – Dans les récits évangéliques ( P. Haudebert) Sans s’attarder sur la genèse des récits des tentations du Christ, on s’attache ici à étudier leur caractère programmatique. Dans Mt, le récit des tentations regarde vers le passé d'Israël, pour montrer comment les événements de l'Exode ont été vécus une nouvelle fois et ont reçu leur accomplissement dans la personne du Christ. p. 27 - "Mettre à l’épreuve" dans la littérature juive non canonique (H. Cousin) L’expression "mettre à l’épreuve" commande le présent dossier. Or, dans la littérature juive ancienne, c’est autour de la figure d’Abraham que l’enquête apporte des données particulièrement significatives, et ce dans deux directions qui paraissent opposées. D’une part, à la suite du livre de Job, le personnage de Satan intervient dans l’épisode du sacrifice d’Isaac. D’un autre côté, le chiffre de dix épreuves dans la vie du patriarche – chiffre qui va devenir traditionnel – manifeste que l’épreuve n’est pas nécessairement exceptionnelle mais peut aussi faire partie de la vie quotidienne. p. 33 – "Mettre à l’épreuve" dans la littérature rabbinique (A.-C. Avril) Dans les textes rabbiniques, la mise à l'épreuve est généralement présentée comme venant de Dieu, soutenue par Satan, facilitée par le " penchant mauvais ". Elle vient de Dieu, qui est le maître de tout événement et ne veut que le bien pour tous. De fait, ce qui est dit de la mise à l'épreuve peut l'être de tout événement en tant qu’il est un défi, un stimulant, qui conduit l’homme soit à se tourner vers Dieu dans la reconnaissance, soit à murmurer contre lui et douter de sa fidélité. >>>Extrait à lire p. 44 – Lectures patristiques (J.-N. Guinot) Le récit des tentations retient l'attention des Pères en raison de son importance sotériologique et doctrinale. De la clef de lecture proposée par Irénée dépend presque toute l'exégèse patristique : la " récapitulation " par le Christ du combat originel du diable contre Adam suppose, pour être effective, la réalité de l'Incarnation. Ainsi l'homme vaincu par le diable en Adam est-il désormais vainqueur en Christ. Replacé de la sorte dans l'histoire du salut, le récit des tentations peut alors légitimement se prêter, en second lieu, à une exégèse de caractère moral. Le Christ enseigne à l'homme comment triompher des ruses du diable. >>>Extrait à lire p. 82 – Jésus et Iblis. Points de vue musulmans (J.-L. Desclais) La famille de Wahb b. Munabbih (début VIIIe s.) s’intéressait à la Bible et à la littérature parabiblique. Il s’agissait en quelque sorte de pastiches des pages évangéliques, composés pour mettre les récits concernant Jésus en accord avec les principes de l’Islam. Le récit des tentations de Jésus a été réécrit selon les mêmes normes. p. 85 - Encadré : Satan le lapidé (J.-L. Desclais) p. 87 – L’exégèse du moyen âge (G. Dahan) Tous les commentaires médiévaux insistent sur la dimension d’enseignement des récits des tentations de Jésus. Pour l’exégèse médiévale, en effet, les textes de l’Écriture sont moins des textes historiques que des fragments de la Parole divine adressée à l’homme, le guidant dans sa pensée et dans sa vie. Mais, loin de s’en tenir à une simple actualisation moralisante, les exégètes médiévaux prennent à bras le corps toutes les difficultés du texte, arrivant à un équilibre entre approche confessante et approche scientifique. p. 101 - Encadré : Tentations dans la Légende dorée (J. Berlioz) p. 103 – L’exégèse entre Réformes et Lumières (F. Laplanche) L'exégèse au temps des deux Réformes fonctionne toujours à trois niveaux : le commentaire précise des points de philologie ou d'histoire ; une large place est accordée à la controverse et chaque exégète déploie la théologie de sa propre confession ; enfin le lecteur est dirigé vers l'appropriation personnelle du texte. Bien sûr, chacun des commentaires ne remplit pas l'intégralité de ce programme et peut n'en retenir qu'un des points. >>>Extrait à lire p. 109 - Encadré : Une image du Tintoret (1580) (V. Deblock) p. 111 – Art et littérature Dans l’iconographie, la confrontation entre Jésus et Satan est devenue, au fil des siècles, un face à face où les deux personnages sont traités sur pied d’égalité. Sauf exception, le corps du Tentateur est monstrueux, signe de sa perversion, alors que celui de Jésus se veut le modèle d’une humanité accomplie. Au artistes et poètes romantiques vont reconsidérer la figure satanique. p. 112 – Écrivains russes du XIXe siècle (M. Tenace) >>>Extrait à lire p. 118 – Les tentations et la Passion (G. Billon) p. 123 – Variations musicales au XXe siècle (M. Berder) p. 122 - Encadré : Visions cinématographiques (G. Billon) p. 127 - Encadré : Les exégèses de Lagrande et Loisy (F. Laplanche) p. 129 - Origine des éditions et des traductions p. 130 - Index des citations
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