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Accueil | Plan | Nous contacter | Recherche | Textes bibliques Morale domestique selon Tite Morale domestique. Instructions pour les différentes catégories de membres de la communauté (Tt 2,1-10) Extraits d'une intervention de Yann Rédalié effectuée lors d'un week-end biblique organisé par le Service biblique de la FPF durant l'année scolaire 2002-2003. Yann Rédalié est professeur de Nouveau Testament, spécialiste des épîtres pastorales. 1. Nouveau Testament et littérature apostolique La désignation de ''codes domestiques'' pour la littérature du Nouveau Testament (''Haustafeln'' depuis Luther, en anglais ''domestic codes'') s'applique avant tout à un groupe de trois textes : Ep 5,21-6,9; Col 3,18-4,1; 1P 2,13-3,7. Dans ces trois textes, on souligne les caractéristiques communes : - il s'agit de listes d'instructions qui apparaissent en série, adressées à trois types de partenaires: femmes et maris, enfants et parents, esclaves et maîtres - les groupes, interpellés directement deux par deux, selon leur relation mutuelle, sont invités à ajuster leur rapport dans la réciprocité - l'inférieur (femme, enfant, esclave), à qui il est demandé de se soumettre et d'obéir au supérieur, est interpellé en premier - la structure de l'exhortation présente une certaine régularité: après l'indication du groupe social concerné, un impératif, accompagné d'un objet, exprime l'instruction proprement dite, suivie par une amplification et par une justification théologique. On distingue un second type de code, présent dans la première littérature chrétienne (Pères apostoliques), qui est sans doute une évolution du premier. Les instructions en série que l'on trouve chez Ignace d'Antioche (Pol 4,1-6,1), Polycarpe de Smyrne (Phil 4,1-6,1) ou Clément de Rome ( 1Clément 1,3; 21,6-9), concernent non seulement des groupes domestiques, mais aussi des rôles ecclésiastiques (diacres, évêques, anciens, veuves). En outre, les instructions ne sont plus directement adressées aux groupes concernés, mais transmises par l'intermédiaire d'un supérieur hiérarchique. Enfin, la réciprocité des devoirs s'effacent peu à peu. Certains considèrent de telles instructions comme des ''codes ecclésiastiques'' . Peut-on parler de ''codes domestiques'' pour les Lettre Pastorales? La proximité avec les séries ''ecclésiastiques'' qu'on trouve chez les Pères apostoliques exclut-elle un aspect ''domestique'' pour leurs instructions? Peut-on repérer une trajectoire qui, de la maison mène à l'Église, et y situer les monitions des Pastorales? Questions longuement débattues et dont les réponses nuancées mettent en avant l'aspect mélangé de ces instructions, qui correspond d'ailleurs à l'usage du motif de la maison comme articulateur de la parénèse et du modèle domestique pour organiser l'ecclésiologie. 2. Les recherches sur les codes domestiques Le développement des études sociologiques et socio-historiques sur le Nouveau Testament a donné un regain de vigueur aux recherches sur les ''codes domestiques'', et nombreuses sont les études récentes qui leur sont consacrées. Nous nous limiterons à mentionner ce qui peut être utile à nos réflexions, et particulièrement les données qui contribuent à situer la parénèse des Pastorales dans un contexte culturel et éthique plus large. Les débats récents partent des recherches de Dibelius et Weidinger. Selon eux, ces listes de devoirs reprennent sans modifications particulières des codes de morale païens, notamment ceux des Stoïciens, qui exprimaient les devoirs de l'homme à l'égard des dieux, de la patrie, des parents, des frères et des soeurs, de la femme et des enfants, de la parenté. Les Stoïciens reprenaient d'ailleurs d'anciennes sentences du droit coutumier grec, dont la littérature s'est fait l'écho. Antigone, qui en appelle aux ''lois non écrites'' contre celles de la cité, en est devenue la figure classique : Créon - Connaissais-tu mon édit ? Antigone - Comment ne l'aurais-je pas connu? Il était public. Créon - Et tu as osé passer outre à mon ordonnance ? Antigone - Oui, car ce n'est pas Zeus qui l'a promulguée, et la Justice qui siège auprès des dieux de sous terre n'en a point tracé de telles parmi les hommes. Je ne croyais pas, certes, que tes édits eussent tant de pouvoir qu'ils permissent à un mortel de violer les lois divines: loi non écrites, celles-là, mais intangibles. Ce n'est pas d'aujourd'hui ni d'hier, c'est depuis l'origine qu'elles sont en vigueur, et personne ne les a vues naître. Ces devoirs fondamentaux, ici enterrer les morts, mais aussi vénérer les dieux, avoir de la reconnaissance envers son bienfaiteur, aider les amis, être disponible pour sa patrie, pratiquer l'hospitalité, éviter l'inceste, seront repris par les Stoïciens sous la désignation de ''ce qui convient''. On cite à ce propos Épictète, Entretiens II,17,31, où le philosophe imagine que son étudiant lui dise : ''Oui, je veux, moi aussi, être impassible et exempt de troubles; je veux comme un homme pieux, comme un philosophe, comme un homme diligent, connaître quel est mon devoir envers les dieux, envers mes parents, envers mes frères, envers ma patrie, envers les étrangers'' . Entretiens II,14,8s pose une autre question : à quoi mène la formation du philosophe ? ''à ne pas être déçu dans ses désirs, à ne pas subir ce que l'on a en aversion, à passer une vie sans peine, ni crainte, ni trouble en maintenant avec les prochains les relations naturelles et acquises, que ce soit comme fils, père, frère, citoyen, mari, femme, voisin, compagnon de route, chef, sujet''… La liste des textes qui présentent des séries de ce type est longue et variée (Sénèque, Hiéroklès, Diogène Laërce, etc.). Avant de poursuivre, quelques réflexions sur les textes d'Épictète à peine cités. - Ce qui semble le plus immédiat, le plus quotidien, le plus domestique est présenté comme le but le plus haut, qui distingue le philosophe de celui qui ne l'est pas. Ici aussi, comme dans les Pastorales, la distinction n'est donc pas dans l'extraordinaire. - Ensuite, cette distinction se joue à l'égard de ceux qui se laissent aller aux passions du monde, ou à un enseignement différent. Dans les Entretiens III,7,23, le problème est que justement l'enseignement épicurien donne une force théorique à la séduction du monde. - Enfin, les listes de devoirs tracent une continuité ininterrompue de la maison à la cité: être bon fils, se marier, être bon père, patriote. En II,8,4, les relations ''naturelles'' (famille) et ''acquises'' (sociale), bien qu'elles soient distinguées, sont traitées dans un continuum. La proximité avec les Pastorales est sensible et témoigne de leur insertion dans le débat éthique de l'époque. Pourtant, la différence d'avec le stoïcisme se marque, entre autres, par l'accent mis par ce dernier sur l'individu, le sens de l'ataraxie, de l'eudémonisme (recherche du bonheur). Les textes stoïciens s'intéressent au rapport entre l'individu et le monde. L'universalisme des Pastorales est différent: il ''interrompt'' le continuum de la maison à la cité et au monde par l'interférence de la ''maison de Dieu''. Le salut s'inscrit dans les relations de groupes à l'intérieur d'une structure sociale. Cette dimension communautaire est d'ailleurs commune à tous les textes du N.T. La suite de l’article se trouve dans le B.I.B. n° 61 (décembre 2003), pages 4-11. En voici le plan : 1- Les codes domestiques 1.1. Dans le Nouveau Testament et dans la littérature apostolique 1.2. Les recherches sur les codes domestiques 1.3. Evolution et reprise par le chrstianisme 2. Les codes domestiques et les Pastorales 2.1. Tite 2,1-10 et les codes domestiques 2.2. Le contenu des instructions : les hommes âgés, les femmes âgées, les jeunes femmes, les hommes jeunes et Tite, les esclaves 3. Une exhortation communautaire à la modération 4. Différents et universels, mais à quel prix ? Page suivante : BIB 60 (juin 2003) © 2006 S.B.E.V. et ISCAM-production Les textes, les cartes, dessins et images sont la propriété du Service Biblique catholique Evangile et Vie (S.B.E.V.), 8, rue Jean Bart - 75006 Paris, tél. 01 42 22 03 89. La reproduction est autorisée à des fins non commerciales et à la condition de citer l'auteur (le cas échéant), le propriétaire (Service Biblique catholique Evangile et Vie) et le site (bible-service.net). Nous contacter Site réalisé avec la plate-forme de publication web ICT/ISCAM-PRODUCTION Identifiez-vous |
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