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Actualités bibliques

Ouvrages bibliques parus en 2006-2007
Ces ouvrages sont parus en 2006 et 2007. Chacun est à marquer d'un pierre blanche. De lecture aisée, moyenne ou exigeante, on ne perdra pas son temps à les travailler !
Steven L. MCKENZIE Le roi David. Le roman d’une vie Genève, Labor et Fides, 2006, 215 p., 22 €
La recherche de l’auteur n’est pas d’abord archéologique mais exégétique. Ses deux lignes directrices sont : « d’abord le scepticisme : lorsqu’un aspect du récit biblique s’accorde avec un thème littéraire ou idéologique, nous serons sceptiques quant à sa valeur historique » (p. 55) ; puis le concept d’analogie : « Le passé était fondamentalement le même que le présent et ce que l’on sait de sociétés et de circonstances similaires. Autrement dit, les gens ont toujours les mêmes ambitions de base et les mêmes instincts, David inclus. » (p. 56) L’application de ce dernier principe est féconde pour un personnage comme David dont le portrait historique est moins flatteur que ne le laisse croire une lecture naïve de la Bible. Une bonne introduction à la rigueur d'une démarche et au bonheur de lecture qui en découle après l'effort. Niveau de difficulté : exigeant
Jean-Luc VESCO Le Psautier de David traduit et commenté, I et II Paris, Le Cerf, 2006, 1419 p., 62 € et 52 €
Il ne s’agit avant tout d'un parcours du Psautier dans sa forme « canonique » en hébreu. L’auteur met en évidence la logique de la composition des cinq livres du Psautier : psaumes 1 à 41, 42 à 72, 73 à 89, 90 à 108, 109 à 150. Il montre, dans un chapitre éclairant, en quoi le Psautier est bien une prière davidique et messianique, David étant pour ainsi dire le type du croyant qui attend le Messie. Chaque psaume est lu individuellement selon un schéma constant. D’abord sont envisagés les liens (lexicaux, thématiques et logiques) avec ce qui précède. Vient ensuite une traduction littérale et soignée. L'auteur se livre alors à une lecture d’ensemble : genre littéraire, structure littéraire, cohérence interne du poème. Le contexte biblique, la littérature du Proche Orient ancien, les textes de Qoumrân sont convoqués pour éclairer l’analyse. Une attention particulière est accordée aux thèmes comme le rôle du Messie, la place de Jérusalem, l’alliance et la Loi, l’affrontement entre juste et méchant, l’attente de l’intervention salvifique de Dieu. Seul regret : la dimension littéraire, poétique – et non seulement rhétorique – du Psautier est peu honorée. Mais l'ouvrage, fort bien écrit, apporte une dimension vraiment nouvelle à l’exégèse des psaumes : la prise en compte de la forme canonique de l'ensemble. Désormais une référence. Niveau de difficulté : exigeant
Philippe BACQ et Odile RIBADEAU DUMAS Un goût d’Évangile. Marc, un récit en pastorale Bruxelles, Lumen Vitae, 2006, 337 p, 27 €
Tout part d’une constatation : dans l’évangile de Marc, les rencontres bénéfiques de Jésus avec des gens tels que le paralytique ou la syro-phénicienne ne les transforment pas forcément en disciples. Ces rencontres ponctuelles, «sans suite», ne sont-elles pas le lot des communautés chrétiennes d’aujourd’hui ? Une première partie relit donc l’évangile de Marc en relevant comment Jésus est progressivement reconnu comme Christ et Fils de Dieu. Les réactions des gens et des disciples sont soigneusement notées. La lecture s’appuie sur les ressources de l’analyse narrative (sans jargon) et historique (notes abondantes). La deuxième partie entre en résonance avec le monde et l’Église d'aujourd'hui. Les auteurs reprennent «la qualité d’humanité du Christ» pour tous si bien mise en valeur par Marc. Par ailleurs, ne faut-il pas de tenir compte de l’expérience des disciples racontant Jésus pour faire l’Église d’aujourd’hui ? Un livre remarquable pour tous ceux et celles qui ont le souci de l’animation biblique de la pastorale. Niveau de difficulté : moyen
Louis BARLET, Chantal GUILLERMAIN Le Beau Christ de Luc Paris, Le Cerf, 2006, 210 p., 22 €
Pour nous conduire à la découverte du Christ de Luc, les auteurs ont choisi trois routes, trois fils qui courent sous le texte. La première route est celle des étapes de Jésus, comme autant de commencements, de Noël à l’ultime Pâque. Jésus s’y comporte « comme celui qui doit être le Frère aîné de tous les hommes, le proche de chacun ». La deuxième suit Jésus sur la « route de la Parole ». Car si Jésus est « celui qui vient », c’est « en parole, en étant dit ». Cinq textes sont analysés : l’annonciation, la visitation, la guérison du serviteur du centurion, Marthe et de Marie, les disciples d’Emmaüs. La troisième part d’une question : comment Jésus aurait-il pu faire connaître Dieu, son pardon et sa grâce s’il ne lui avait pas été présent intimement ? Luc décrit souvent Jésus en prière. Un beau livre, à la fois studieux et contemplatif. Niveau de difficulté : aisé
Yves SAOUT Le bon Samaritain Paris, Bayard, 2007, 198 p., 19,90 €
L’auteur commence par analyser le texte de Luc. Après avoir défini le genre «parabole», il tente de saisir ce que ce récit voulait dire pour Luc, pour ses premiers lecteurs, et, en remontant le temps, pour Jésus lui-même. Une deuxième étape s’intéresse à la réception du texte, en particulier chez les Pères de l’Église dont les interprétations allégoriques sont parfois assez déroutantes. Viennent suite les rapprochements avec des personnages engagés dans l’action caritative (St Jean de Dieu, mère Teresa, l’abbé Pierre) et dans l’humanitaire. Enfin, une partie passionnante est consacrée aux peintres, musiciens, écrivains, cinéastes qui ont fait revivre la parabole selon leur sensibilité : vitraux de Bourges et de Chartres, Victor Hugo, Delacroix, Van Gogh, Claudel, Britten, etc. La riche trajectoire de la parabole s’achève dans la confrontation avec l’actualité. En laissant le texte de Luc entrer en résonance avec les problèmes du monde contemporain, l’auteur témoigne de la manière dont la parabole du Bon Samaritain est, pour lui, Parole de Dieu pour aujourd’hui. Niveau de difficulté : aisé
Daniel MARGUERAT Les Actes des Apôtres (1-12) Genève, Labor et fides, 2007, 446 pages, 52 €
Après une longue introduction et l’analyse du prologue (1,1-14), l’auteur a divisé son commentaire en deux grandes parties : 1. Jérusalem. La communauté avec les douze apôtres (1,15 – 8,3) 2. De Jérusalem à Antioche. L’ouverture (8,4 – 12,25). A l’intérieur de chaque section, les textes sont étudiés selon un plan très rigoureux : texte, traduction, bibliographie, analyse, explication et perspectives théologiques. La méthode de lecture combine l’analyse narrative avec la critique historique. Au fil des pages, le lecteur découvre les qualités de narrateur et d’historien de l’auteur des Actes, car « Luc n’est pas plus subjectif que n’importe quel historien de l’Antiquité (…). Très exactement, il se situe au confluent des historiographies gréco-romaine et juive ». Luc a voulu « offrir à la chrétienté de son temps une mémoire qui fixe son identité ». Une enrichissante lecture des Actes des Apôtres qui fera date, très bien exposée et rédigée. On attend le deuxième tome avec impatience. Niveau de difficulté : exigeant
Jean-Pierre PREVOST Pour lire l’Apocalypse Ottawa-Paris, Novalis-Le Cerf, 2006, 140 p., 16 €
Cette nouvelle édition d’un ouvrage paru en 1991 garde les mêmes qualités pédagogiques. L’introduction (sur l’actualité de l’Apocalypse) et la brève conclusion ont été rééécrites et la bibliographie a été mise à jour. Un chapitre entier est neuf, consacré à la structure de l’œuvre, même s’il ne faut pas «chercher un ordre, mais du sens». La première partie propose cinq clés de lecture où les repères théologiques (sur le Christ et l’Évangile, chap. 1 et 5) encadrent les apports proprement historiques et littéraires (chap. 2 à 4). Dans la deuxième partie, cinq ensembles sont relus : Ap 2-3, 4-5, 6-7, 12, 21-22. Le lecteur acquerra des réflexes comme l’attention aux données visuelles, le souci de ne pas isoler un passage de son contexte, l’interprétation christologique, la résistance au «catastrophisme». Un bon ouvrage d’initiation. Niveau de difficulté : aisé Hans-Josef KLAUCK Judas, un disciple de Jésus. Exégèse et répercussions historiques Paris, Le Cerf, 2006, 204 pages, 20 € Voici un ouvrage de fond sur Judas qui nous permet de retrouver l'ensemble des bases exégétiques et historiques du dossier et de sortir de bien des impasses liées à des interprétations hâtives. H.J. Klauck part de divers modèles d'interprétation contradictoires : Judas personnifie le mal, et représente soit la subversion, soit l'innocence. Puis il reprend un à un l'ensemble des textes du N.T. concernant Judas, depuis la tradition synoptique jusqu'à l'approche spécifique de Jean. La mort de Judas donne notamment lieu à une analyse méthodique des traditions particulières de Mt 27, 3-10 (un suicide) et de Ac 1, 15-20 (un accident), avant de se référer aux auteurs patristiques qui dessinent peu à peu la figure du traître. Un chapitre synthétique est consacré à l'évangile de Judas et à son contenu paradoxal et polémique. Sa conclusion, qui porte sur la « damnation » de Judas ou sa « canonisation » - sur laquelle nous ne savons rien ! - est sobre et équilibrée. Elle nous invite au respect de ce disciple enfermé dans ses contradictions. L'ouvrage, dans un style vivant, est très stimulant. Niveau de difficulté : moyen
Jean-Pierre LEMONON Ponce Pilate Paris, éd. de l'Atelier, 2007, 300 p, 23 € Reprenant à nouveaux frais un ouvrage de 1981, l'auteur mène une enquête sur celui qui a condamné Jésus à la crucifixion. Un premier volet est consacré à la province romaine de Judée et à l'histoire de ses gouverneurs de 6 à 66 ap. J.-C. On s'attarde sur l'«inscription de Pilate», découverte à Césarée maritime en 1961. Le deuxième volet étudie des textes littéraires du 1er s. et du 2e s. Il permet de mieux connaître le personnage de Pilate et de voir comment certaines de ses actions ont été conditionnées par les devoirs liés à sa charge. Les témoignages de Philon, Flavius Josèphe, Tacite et des évangiles sont examinés un à un. Austère mais passionnante, l'enquête révèle un homme rude qui n'est pas l'être cruel souvent dépeint. Le dernier volet s'attache au destin de Pilate dans la littérature et la vie de l'Église ancienne. Un ouvrage de référence qui intéressera l'historien chevronné autant que le profane. Niveau de difficulté : moyen
Dan JAFFE Le Talmud et les origines juives du christianisme. Jésus, Paul et les judéo-chrétiens dans la littérature talmudique Paris, Le Cerf, 2007, 240 p., 23 € Le titre dit bien le contenu. La destruction du Temple en 70 menaça le peuple juif dans son identité nationale et religieuse. Il a fallu consolider celle-ci. Dans cet ouvrage destiné au grand public, l'auteur montre d'abord comment les autorités rabbiniques, les Sages, ont alors élaboré une «orthodoxie» fondée sur la tradition orale des «anciens», puis les conséquences sur ceux qui n'acceptèrent pas ces normes et qui furent dès lors considérés comme hérétiques, en particulier les «judéo-chrétiens». Le Talmud a retenu des éléments négatifs assez anciens concernant Jésus. De plus, Paul serait impardonnable car il méprise les fêtes religieuses, découvre un nouveau sens à la Torah et brise « l'alliance de la chair » (la circoncision). La foi chrétienne a été considérée comme un réel danger par le courant dominant des Sages. Voilà une excellente introduction, informée et non polémique, sur une période difficile. Niveau de difficulté : moyen
Jacques ARENES, Pierre GIBERT Le psychanalyste et le bibliste. La solitude, Dieu et nous Paris, Bayard, Paris, 2007, 218 pages, 19 € « Que nous dit la Bible sur la solitude du deuil, sur la solitude du malade mental, sur la solitude de l'appelé, sur le désert de la tentation ? Que nous dit-elle, par contraste ou par complément sur notre solitude moderne ? » Telle est la question qui traverse ce livre ou l'exégète et le psychanalyste ont choisi de ne pas « mélanger leurs textes mais de les proposer comme en regard ». L'exégète a tenté de se laisser prendre par la force et la poétique du texte, et l'analyste s'efforce de respecter le travail d'interprétation qui l'a précédé. D'où un regard éclairant sur des récits très connus comme celui des pèlerins d'Emmaüs ou du « jeune homme » riche. Une stimulante articulation entre la lecture psychanalytique et la lecture biblique. Niveau de difficulté : aisé
Françoise MIES (éd.) Bible et théologie, L'intelligence de la foi Bruxelles, Lessius, 2006, 139 p., 18 € Dans ce volume collectif, chacun des cinq articles s'inscrit dans un propos commun : réfléchir à la manière dont la Bible prend place dans la démarche rationnelle qui caractérise l'acte théologique. Une démarche théologique est à l'œuvre au sein même de la Bible. C'est ce que montre Jean-Pierre Sonnet. Yves-Marie Blanchard explore le processus d'énonciation propre au quatrième évangile. Christoph Theobald propose des réflexions sur la place de l'Écriture dans la théologie aujourd'hui et invite à relire la constitution Dei Verbum de Vatican II. Jean-Marie Auwers décrit comment les Pères ont tenté une synthèse entre la révélation biblique et la philosophie platonicienne. Enfin, François Marty analyse la démarche ignatienne de contemplation. Un ensemble de réflexions d'une grande richesse et dans un langage accessible sur une question fondamentale. Niveau de difficulté : exigeant
Grand Rabbin René-Samuel SIRAT, Mgr Olivier DE BERRANGER, Youssef SEDDIK Juifs, Chrétiens, Musulmans. Lectures qui rassemblent, lectures qui séparent Paris, Bayard, 2007, 300 pages, 20 € Les Écritures des Juifs, des chrétiens et des musulmans ont en partage des histoires (Caïn et Abel, Agar et Ismaël, Joseph...), des grandes figures (Abraham, Moïse, David, Jonas...), des interrogations (la création, l'attente du messie...). Il y a là une belle occasion de dialogue. Le Juif, le chrétien et le musulman « lisent » chacun à tour de rôle - dans cet ordre - la question de la création, l'histoire de Caïn et Abel, la figure d'Abraham... Et la juxtaposition de ces lectures permet au lecteur de dialoguer ainsi avec les autres traditions que la sienne. D'autant plus que chacun des auteurs montre de belles qualités de lecteurn à distance mesurée des « exégèses » trop techniques - sans les ignorer. De plus, on apprend à connaître la logique de chaque tradition, et cela est précieux. Dans le chapitre final, chaque auteur livre son regard sur les deux autres et la «considération» qu'il accorde aux autres traditions. Un bon ouvrage qui permet de mieux situer les différences d'interprétation. Niveau de difficulté : aisé
Alain MARCHADOUR, David NEUHAUS La terre, la Bible et l'histoire : « Vers le pays que je te ferai voir... » Paris, Bayard, 2006, 236 p. Au cœur du récit biblique, la question de la terre pour le peuple d'Israël se pose de manière brûlante aujourd'hui. Les auteurs proposent une réflexion au-delà des prises de position radicales et des divisions entre les communautés croyantes. En quatre volets, l'ouvrage rassemble des informations essentielles. Le premier est biblique : l'omniprésence du thème de la terre, de la Genèse à l'Apocalypse, ressort clairement du parcours de lecture proposé, selon un itinéraire rapide et suggestif. Le deuxième souligne les déplacements opérés au fil du temps dans le rapport des chrétiens à cette « terre sainte » depuis l'établissement de communautés chrétiennes à Jérusalem par Constantin et le développement des pèlerinages jusqu'au paysage sociopolitique et religieux que nous connaissons aujourd'hui, en passant par les croisades, la Shoah, la création de l'état d'Israël, le deuxième concile du Vatican. L'exposé de l'enseignement de l'Église catholique qui vient ensuite permet de découvrir comment s'est élaborée, depuis Vatican II, la position officielle de l'Église aujourd'hui dans l'interprétation de la terre. Un dernier volet, plus personnel, donne le témoignage des auteurs. Clair, précis, un livre au-delà des polémiques. Niveau de difficulté : moyen
Et aussi :
Gérard BILLON, Philippe GRUSON Pour lire l'Ancien Testament. Le Premier Testament par les textes. Paris, Le Cerf, 2007, 192 p., 16 €
Yves-Marie BLANCHARD "Les écrits johanniques. Une communauté témoigne de sa foi." Cahier Evangile 138 (décembre 2006), 64 p., 8 €
COLLECTIF "Figures de Marie-Madeleine" Supplément au Cahier Evangile 138 (décembre 2006), 148 p., 11 €
Cécile TURIOT "Lectures figuratives de la Bible" Cahier Evangile 139 (mars 2007), 68 p., 8 € Norbert LOHFINK " 'Ecoute, Israël'. Commentaires du Deutéronome" Cahier Evangile 140 (juin 2007), 76 p., 8 €
COLLECTIF "Récits fondateurs de l'eucharistie" Supplément au Cahier Evangile 140 (juin 2007), 148 p., 11 €
COLLECTIF "Lire la Bible aujourd'hui. Quels enjeux pour les Eglises ?" Cahier Evangile 141 (septembre 2007), 144 p., 11 €
Dominique JANTHIAL "Le livre d'Isaïe ou la fidélité de Dieu à la maison de David" Cahier Evangile 142 (décembre 2007), 64 p., 8 €
Marie-Françoise BASLEZ "Ecrire l'histoire à l'époque du Nouveau Testament" Supplément au Cahier Evangile 142 (2007), 112 p., 11 €
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