![]() |
||||||||||
|
||||||||||
Accueil | Plan | Nous contacter | Recherche | Textes bibliques Article à lire : Dieu, la mort et l'enfant Dans cette histoire, on est souvent choqué par le fait que Dieu semble provoquer la mort de l'enfant né de l'adultère de David. Bien que secondaire cette question mérite un éclaircissement. La lecture des versets consacrés à la maladie et à la mort de l'enfant (2 Samuel 12,15-23) le montre bien : ce n'est pas la relation entre la faute de David et la mort de l'enfant qui est au cœur de ce récit, mais la description de l'attitude de David. Avec beaucoup de détails, l'auteur note en effet que David prie et jeûne avant la mort de l'enfant. On apprendra ensuite qu'il espérait que le Seigneur aurait ainsi pitié de lui et que l'enfant vivrait. Mais, lorsque l'enfant meurt, David n'accomplit pas le rites funéraires habituels. Cela suscite l'étonnement de son entourage. A ceux qui s'étonnent, David répond par une déclaration empreinte de sagesse et de résignation (2 Samuel 12,22-23).
Quel est donc le véritable châtiment : la mort de l'enfant ou celle de David ? C'est la question que posent ceux qui voient dans la déclaration finale de David : ''Maintenant, c'est moi qui vais vers lui, mais lui ne me reviendra pas'', (v. 23) l'annonce de son châtiment futur. Pour étayer leur thèse, ils se réfèrent à la suite du récit, c'est-à-dire la naissance de Salomon et la double nomination de celui-ci. En nommant son fils ''Salomon'' (où l'on retrouve la racine du mot ''shalom'', ''paix'') David, selon eux, évoquait la paix qu'il espérait pouvoir retrouver. Mais, en donnant un autre nom à cet enfant : ''Yedidya – c'est-à-dire : Aimé de Dieu, à cause du Seigneur'' (v. 25), Dieu a destitué symboliquement David en faveur de son fils. Car tel est le véritable châtiment de David. Pourquoi ? Parce que sa faute n'a pas été seulement d'avoir fait tuer Urie, elle a été d'avoir méprisé la parole du Seigneur et le don de la royauté(v.9-10). La ''parole du Seigneur'' méprisée est moins le Décalogue que la promesse dynastique transmise par Natan (2 Samuel 7) et que David, par ses crimes, a mis en danger.
Qu'il s'agisse de la mort de l'enfant ou de celle – symbolique – de David, il faut comprendre que ceux qui ont écrit ce récit avaient une conception différente que la nôtre du péché, et donc du châtiment. Pour eux, selon la sentence bien connue d'Ezéchiel – ''les pères ont mangé du raisin vert et les dents des fils ont été agacées'' (Ez 18,2) – une même responsabilité unissait parents et enfants. De ce fait, il était naturel que les enfants paient les fautes de leurs parents. Si l'on découvrira progressivement que chacun est responsable de ses actes, on n'abandonnera jamais l'idée d'une solidarité dans le bien comme dans le mal. Progressivement, on découvrira surtout que Dieu ne veut pas la mort de ses enfants, surtout s'ils sont innocents. Et l'on apprendra même à prier pour qu'au plus profond de l'épreuve, surtout lorsqu'il s'agit de la mort d'un enfant, on ne doute jamais de la présence de Dieu et de son amour. Pierre DEBERGÉ Page suivante : Page à regarder : Secrets et mensonges © 2010 S.B.E.V. et ISCAM-production Les textes, les cartes, dessins et images sont la propriété du Service Biblique catholique Evangile et Vie (S.B.E.V.), 8, rue Jean Bart - 75006 Paris, tél. 01 42 22 03 89. La reproduction est autorisée à des fins non commerciales et à la condition de citer l'auteur (le cas échéant), le propriétaire (Service Biblique catholique Evangile et Vie) et le site (bible-service.net). Nous contacter Site réalisé sur plate-forme ISCAM-ICOLEIS (ICOLEIS SARL Identifiez-vous |
|