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Accueil | Plan | Nous contacter | Recherche | Textes bibliques Commentaire de Mc 16 Stupeur, silence et parole À supposer que l'évangile de Marc soit le plus ancien rédigé, selon une hypothèse communément admise, Marie de Magdala y apparaît pour la première fois, avec d'autres femmes, au pied de la croix. On la retrouve à la mise au tombeau et, bien sûr, lors de la découverte du tombeau vide (Mc 16,1-8). C'est ce dernier texte que nous allons relire. Les derniers mots du récit ne laissent pas d'être énigmatiques : ''Elles s'enfuirent du tombeau, stupéfaites et tremblantes. Elles ne dirent rien à personne. Elles avaient peur.'' Peur de quoi ? De rien. Ou bien alors de l'inconnu. Devant l'avenir inconnu qui s'ouvre désormais, devant l'inouï du message pascal, qui ne verrait ses repères vaciller ? Stupeur et silence Reprenons brièvement la dynamique du récit : les femmes viennent pour garder dans la mort celui qui a été mis au tombeau. Intervient un messager mystérieux qui annonce l'extraordinaire : la résurrection de celui qu'elles cherchent ; ses paroles résument brièvement tout le récit évangélique. Venues de très bonne heure pour embaumer un corps mort, les femmes ressortent donc du tombeau avec un message de vie. Un corps a disparu, une parole est remise. Or cette parole, déployée à la mesure d'un récit, n'est-ce pas l'évangile que nous venons de parcourir ? La mention du tremblement et de la peur indique alors la situation nouvelle dans laquelle les auditeurs de l'évangile (de Marc) devraient être installés : accueilli ou non, le message change quelque chose dans leur vie. Car les femmes sont moins ici la figure de ceux et celles qui annoncent l'Évangile que de ceux et celles qui le reçoivent (l'initiative de l'annonce reste du ressort du ''jeune homme'' mystérieux et divin). Et la stupéfaction leur ôte la parole. Que tout auditeur, tout lecteur de l'évangile, passe par un moment d'aphasie est sans doute nécessaire pour que l'inouï soit apprivoisé dans le quotidien et que celui, celle, qui a reçu le message pascal, devienne à son tour un témoin. La parole proférée alors prend alors une autre tonalité, plus humble, moins assurée, susceptible aussi d'être mal entendue. Marie de Magdala va en faire l'expérience. Paroles de salut Initialement, il semble que le récit évangélique se clôturait au v. 8, sur l'image des femmes s'éloignant du tombeau, stupéfaites. Plus tard, une autre main a ajouté un texte (d'ailleurs absent de plusieurs manuscrits) où le Ressuscité parle, agit, envoie en mission. Cette ultime page (v. 9-20) commence par une apparition à Marie de Magdala. Il est probable que l'écrivain s'est ici inspiré de l'évangile selon St Jean (chap. 20 ; tout son récit est d'ailleurs une mosaïque de textes empruntés à Luc, aux Actes, à Matthieu, à la première lettre aux Corinthiens, à la lettre de Jacques etc.). La scène est juste évoquée, elle n'est pas développée aussi longuement que chez St Jean. Marie de Magdala est définie comme un témoin dont la parole n'est pas reçue par ceux auxquels elle s'adresse. Ceux-là traversent ainsi le même moment d'égarement des sens devant l'annonce extraordinaire, la peur laissant place ici au refus. Du tombeau vide à l'apparition du Ressuscité, la magdaléenne est, elle, passée du statut de récepteur de l'Évangile de Pâques à celui d'annonceur. Dans les tous derniers mots du texte, les apôtres qui avaient refusé de croire seront envoyés par le Christ proclamer la bonne nouvelle à tous les hommes. Du récit initial au complément postérieur, le discours évangile tient donc à souligner qu'il n'y a pas d'envoyé qui n'ait affronté, pour lui-même, la perte des repères provoquée par l'irruption de la parole vive. Partout, le message pascal bouscule et dérange. Porté par Marie de Magdala puis par les apôtres, il garde son étrangeté originaire : les lèvres qui le prononcent dans l'histoire sont celles d'hommes et de femmes, les mots, eux, viennent du Dieu qui a vaincu la mort. Divins par naissance, les mots de Pâques travaillent les corps de ceux et celles qui se sont d'abord laissés toucher par l'action de Jésus de Nazareth. Marie de Magdala a annoncé la nouvelle ''à ceux qui avaient été avec Jésus'', entendons aux disciples qui avaient été choisis en Galilée. Elle-même, qui a suivi et servi le crucifié depuis la Galilée (Mc 15,41), a connu le salut en sa chair : Jésus l'a libérée de sept démons. L'Évangile montre sa puissance si l'auditeur, l'auditrice, accepte de s'intéresser au Nazaréen jusqu'à y découvrir, avec difficulté (la foi ne va pas de soi), le Christ Vivant ou si, mouvement inverse, il discerne, dans le Ressuscité, l'humilité agissante de l'homme de Galilée. © SBEV / Gérard Billon ''Visages de Marie-Madeleine'', Monde de la Bible n° 143 (juin 2002), page 72 > > > complément : le vocabulaire de résurrection Page suivante : Questions pour lire Mc 16 © 2006 S.B.E.V. et ISCAM-production Les textes, les cartes, dessins et images sont la propriété du Service Biblique catholique Evangile et Vie (S.B.E.V.), 8, rue Jean Bart - 75006 Paris, tél. 01 42 22 03 89. La reproduction est autorisée à des fins non commerciales et à la condition de citer l'auteur (le cas échéant), le propriétaire (Service Biblique catholique Evangile et Vie) et le site (bible-service.net). Nous contacter Site réalisé avec la plate-forme de publication web ICT/ISCAM-PRODUCTION Identifiez-vous |
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