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Prier avec la Bible Fiches Dominicales

28° dimanche du Temps ordinaire (10 octobre 2010)

Si dimanche dernier (27e dimanche ordinaire), les lectures étaient centrées sur la foi, ce dimanche, elles expriment une des conséquences de la foi, à savoir la guérison. Le seocnd livre des Rois (1e lecture), avec Naaman, un syrien et l’Evangile, évoquant le dixième lépreux guéri, un samaritain, mettent explicitement en relation la foi et la guérison obtenue, une foi et une guérison qui touchent le monde entier, puisque Naaman et le lépreux sont des étrangers. Ce que confirment le psaume : “ le Seigneur a révélé sa justice aux nations. ”, et l’apôtre Paul (2e lecture)


• 2 Rois 5,14-17

Deux personnages que tout oppose se retrouvent : le prophète juif Elisée, que vient trouver un général étranger, Naaman, un syrien. Dieu n’est pas absent, Elisée étant présenté comme son serviteur (l’homme de Dieu). Derrière cette rencontre, on pressent que ce qui est en jeu, c’est l’extension du “ pouvoir ” de Dieu : est-il le Dieu national d’Israël, ou bien de tous les peuples ? Cet épisode apporte une réponse claire : le Dieu d’Israël agit sur tous ceux qui lui font confiance, et il est reconnu par des païens. Naaman, une fois guéri, fait une profession de foi, confessant que le Dieu d’Israël est plus fort que tous les dieux : “ Je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur d’Israël. ” Et s’il emporte un peu de terre d’Israël, c’est pour joindre le geste à la parole : sa terre est souillée par les idoles ; elle sera purifiée par la terre d’Israël, la terre du Dieu de l’univers. Notons aussi au passage l’attitude du prophète Elisée, qui refuse la récompense que Naaman voulait lui offrir. Pour quelle raison ? Parce qu’il sait qu’il n’est pas l’auteur de la guérison, que tout revient à Dieu. C’est l’attitude juste du croyant.


• Psaume 97

C’est un psaume de louange envers la royauté de Dieu, qui a donné une grande victoire à son peuple. Les expressions comme “ son bras très saint, sa main puissante ” renvoient à l’Exil à Babylone et à la libération de son peuple exilé. C’est dans cet acte libérateur – déjà réalisé une fois lors de la sortie d’Egypte – qu’éclate la puissance du Seigneur aux yeux de toutes les nations. C’est pourquoi toute la terre est appelée à acclamer le Seigneur, qui est au-dessus de tout ce qui existe. Les chrétiens qui prient ce psaume célèbrent le Dieu qui les libère du dernier esclavage : la mort.


•  Luc 17,11-19

Ce n’est pas la première fois, dans l’Evangile de Luc, que Jésus guérit un lépreux. Luc avait raconté cette guérison au début de son évangile (chapitre 5) comme un signe du Royaume de Dieu en train d’advenir. Là, Jésus commence son voyage vers Jérusalem. Il est en route. Entre Samarie et Galilée, deux territoires peu prisés des Juifs de Jérusalem en raison de l’Histoire, Jésus rencontre dix lépreux. La lèpre est une maladie terrible, de celle qui exclut totalement et pour toujours ceux qui en sont atteints, car on ne devait pas les approcher sous peine de devenir impur. Les lois d’Israël sur l’impureté sont claires, édictées par le Livre du Lévitique (déclaration d’impureté, mise à l’isolement.. chapitre 13,4-5). Ces dix lépreux implorent la pitié de Jésus.

La parole de Jésus se révèle plus forte que la Loi, car non seulement elle n’exclut pas, mais elle guérit. L’évangéliste Luc présente cette guérison tout en finesse, en deux parties, pour ainsi dire. L’auteur de la guérison n’est pas nommé, simplement suggéré. Ensuite, le salut apporté par la guérison n’est signalé qu’à la fin du passage, par Jésus. Entre les deux, un élément déterminant est survenu, que Luc nous raconte : l’attitude d’un des dix lépreux guéris. Il est le seul, ayant constaté sa guérison, à penser revenir rendre grâces. Il est Samaritain. Etranger. Comme Naaman. En revenant vers Jésus, il ne va plus rencontrer les prêtres de Jérusalem. Il a su reconnaître qui pouvait sauver : non pas la Loi, mais Dieu lui-même. Ce passage d’évangile est plus que le récit d’une guérison. Il est un récit de salut, à la suite d’une conversion (le lépreux guéri a fait demi-tour).

 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (2 Timothée 2,8-13), ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 27, pages 2-3. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.









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