Ascension du Seigneur (14 mai 2015)
 
 
"Le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu... "
 

• Actes 1,1-11

Luc présente la particularité de livrer deux versions de l’Ascension qui relient les deux tomes de son œuvre. L’évangile a le souci de montrer la nouvelle condition de Jésus dans son unité. De l’annonce de sa Résurrection jusqu’à son Ascension, tout ce qui est raconté a lieu le premier jour de la semaine (Lc 24, 1). Un jour unique et désormais sans fin.

La perspective du début des Actes est différente. Elle n’est pas incompatible avec la première puisque, ressuscité, Jésus n’est plus limité, ni par l’espace, ni par le temps. La Résurrection du Christ donne sa plénitude de sens au passage de la Mer Rouge et à la libération de l’esclavage. Elle inaugure un nouveau chemin pour le peuple que le Ressuscité accompagne pendant quarante jours en leur parlant non pas de la Terre promise mais du Royaume promis. Pour autant, les Apôtres peinent à se libérer de leur préoccupation immédiate pour se projeter dans ce monde nouveau qu’ils ne peuvent imaginer : Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? Comme si la présence matérielle de Jésus à leurs côtés faisait d’eux des spectateurs, les maintenant dans leurs rêves d’une intervention miraculeuse et les empêchant de voir au-delà ?

L’élévation de Jésus ‘au ciel’ va les sortir de leur inertie : c’est à eux, à nous, de travailler à la transformation du monde et à son élévation ! S’ils sont provoqués à ne pas rester là béatement à regarder vers le ciel c’est pour être activement orientés vers lui. Car eux aussi, et même le monde entier, de Jérusalem jusqu’aux extrémités de la terre, est appelé à cette ascension et à cette entrée dans le Royaume où le Christ introduit notre humanité et où il nous attend.

La nuée qui guidait les Hébreux dans le désert soustrait le Seigneur à nos yeux. Elle nous renvoie à la vision de Daniel : Je regardais… et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard [Dieu], et on le fit avancer devant lui (Dn 7, 13). Mais siégeant à la droite de Dieu (évangile), le Christ nous demeure d’autant plus présent car l’Esprit Saint nous remplit de la force d’En-Haut pour vivre ce temps de l’église et être ses témoins.


Psaume 46, 2-3, 6-7, 8-9

Ce psaume se range dans la catégorie des « psaumes du Règne ». Il célèbre Dieu à la manière du roi d’Israël acclamé par la foule qui l’accompagne en cortège lorsqu’il monte au Temple. Son règne sur tous les peuples n’est pas une domination écrasante mais l’indice que la création entière est entrée dans son Royaume de Paix.

• Marc 16,15-20

L’évangile de Marc se termine avec la brève mention de l’enlèvement au ciel du Ressuscité qui, conformément au Ps 109, siège à la droite de Dieu. Les onze sont envoyés proclamer l’Évangile à toute la création (cf. Rm 8 ; Col 1, 15). Il n’est pas fait promesse de l’Esprit mais le Seigneur collabore à la tâche des apôtres et c’est lui qui accrédite la prédication de la Bonne Nouvelle par des signes de victoire sur la maladie et le mal.

Celui qui refusera de croire sera condamné peut heurter ceux qui feraient porter la décision de condamnation sur Dieu. Il en va en fait de la liberté de l’homme qui se condamne lui-même à demeurer loin de Dieu s’il ne saisit sa main tendue.Mais Dieu se propose sans cesse et il n’est jamais trop tard pour accepter son invitation.



On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture ( Éphésiens 4,1-13) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 7. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"