Veillée pascale (19 avril 2014)
 
 
"Il est ressuscité d'entre les morts... "

« Quatre nuits sont inscrites dans le livre des Mémoires : La première nuit, quand le Seigneur se manifesta sur le monde pour le créer....La deuxième nuit, quand le Seigneur apparut à Abraham....La troisième nuit, quand le Seigneur apparut aux Égyptiens, au milieu de la nuit...La quatrième nuit, quand le monde arrivera à sa fin... »  Ainsi s’exprime un vieux poème juif, repris et amplifié par le chant de l’Exultet qui ouvre la veillée pascale. Les quatre premières lectures suivent l’ordre des quatre nuits. Elles nous permettent de contempler le projet de Dieu dans toute son ampleur. Dans les trois lectures suivantes, nous contemplons les dons de Dieu aux hommes : sa parole, sa Sagesse et son Esprit. Les deux dernière lectures nous introduisent au cœur du mystère de Pâque : « Il est ressuscité d’entre les morts » (Évangile), « Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui ». (Lettre de Paul aux Romains).

• 1ère lecture : Genèse 1,1-2,2

La Parole de Dieu dissipe les ténèbres et fait briller la lumière. La Parole de Dieu appelle toute chose à l’existence. Elle lui donne une place et un nom. Dieu bénit les êtres vivants pour qu’ils se multiplient. Il crée les êtres humains et les appelle à dominer les autres créatures, mais d’une domination douce, non-violente.

Psaume 103

Le psaume célèbre le Dieu créateur. Dans les deux premières strophes, les verbes sont au passé : on y célèbre les origines du monde. Dans les strophes suivantes, avec des verbes au présent, on célèbre les bontés de Dieu pour aujourd’hui. L’univers est un don de Dieu aux hommes.


2ème lecture : Genèse 22,1-13.15-18

La clé de ce récit, magnifique et terrifiant, est dans le dialogue qui a lieu au pied de la montagne. Le fils interroge son père. Il voit ce qui est utile au sacrifice mais il ne voit pas la victime. Dieu voit la victime, répond le père. Que voit Dieu ? Un fils ? Un agneau ? Un bélier ?

Le dialogue, rempli de silences et de mystère, met en valeur la foi du père. Contre toute évidence, Abraham met sa foi dans le Seigneur qui lui a promis une descendance nombreuse. Il ne sera pas déçu. En ne refusant pas son propre fils, il devient le père d’un peuple nombreux et une bénédiction pour toutes les nations.

Psaume 15

Cité par Pierre dans son discours de la Pentecôte, le psaume peut être mis dans la bouche de Jésus. Dieu ne l’a pas abandonné à la mort. Ressuscité, le Christ est devenu le chemin de la vie pour tous les croyants.


3ème lecture : Exode 14,15-15,1a

Le récit célèbre l’action de Dieu. Le Seigneur combat victorieusement les forces du mal, symbolisées par l’Égypte. A l’image de la colonne de nuée, Dieu est ténèbre pour l’oppresseur et lumière pour ceux qui mettent leur foi en lui.

Cantique de Moïse : Exode 15,2….17

Le chant de victoire en l’honneur du Seigneur, guerrier des combats se déploie en deux volets. Le premier, qui comporte les trois premières strophes, est descendant. Il accompagne l’oppresseur et ses dieux dans leur descente au fond des eaux. Le Seigneur les a vaincus. Le second volet, qui comprend la dernière strophe, est ascendant : il accompagne le peuple dans sa montée vers le sanctuaire. Après avoir triomphé du mal, Dieu vient habiter au milieu des siens.


4ème lecture : Isaïe 54,5-14

Par la bouche du prophète, Dieu annonce une nouvelle libération. En vertu de son alliance de paix avec son peuple, il promet un bonheur sans limites. Initié par Jésus Christ, ce bonheur sera définitif lors du retour du Christ à la fin des temps.

Psaume 29

Le psalmiste chante sa reconnaissance à Dieu pour avoir été sauvé de la mort. En ce jour de Pâque, nous appliquons ce chant à Jésus ressuscité. En le ressuscitant Jésus, Dieu a changé notre deuil en une danse, nos habits funèbres en parure de joie !


5ème lecture : Isaïe 55,1-11

Abreuvons-nous à la Parole de Dieu. Elle descend du ciel comme une pluie bienfaisante. Elle nous rappelle son alliance éternelle. Elle nous invite à être des témoins de son amour parmi les nations.

Cantique d’Isaïe 12

Dieu est le tout autre, sublime est son nom ! Il est le tout proche, il est grand au milieu de nous.


6ème lecture : Baruch 3,9-15.32-4,4

Le peuple a vécu des événements tragiques parce qu’il a abandonné la Source de la Sagesse. Dieu communique sa Sagesse par les Écritures. En lisant les Écritures, nous accueillons le Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant.

Psaume 18

La Parole de Dieu, qui se communique à nous par la lecture des Écritures, est plus désirable que l’or...plus savoureuse que le miel.


7ème lecture : Ézéchiel 36,16-17a.18-28

Comme un amoureux déçu, Dieu déverse sa fureur sur son peuple. C’est une façon de dire au le peuple qu’il est puni par Dieu parce qu’il s’est détourné de l’alliance avec lui. Mais Dieu ne garde pas rancune. Il veut renouveler son alliance en changeant le cœur de son peuple.

Psaume 50

L’alliance nouvelle ne concerne pas seulement le peuple, mais chaque croyant. Chacun de nous est invité à dire à Dieu : crée en moi un cœur pur.


8èmelecture : Romains 6,3-11

Le Christ est au cœur de notre foi. Il manifeste la toute puissance du Père qui l’a ressuscité. Il est le signe de la victoire définitive sur la mort. Il fait de nous des vivants pour Dieu.

Psaume 117

En ressuscitant son fils Jésus, Dieu manifeste la force de son bras. Il accomplit une merveille à nos yeux.


Évangile : Matthieu 28,1-10

Pour dire la résurrection du Seigneur, l’évangéliste puise à pleines mains dans les images bibliques. Il utilise tout d’abord le schéma classique des annonces : l’arrivée d’un messager divin, une réaction de peur, le message « ne craignez pas !  suivi de l’annonce proprement dite puis de l’envoi en mission.

Mais ici, l’annonce est précédée d’un tremblement de terre, signe d’une intervention tout à fait particulière de Dieu. Celle-ci a une portée cosmique. Il y a également le geste de l’ange qui descelle et roule la pierre du tombeau avant de s’asseoir dessus. Les deux éléments sont un message sans paroles : Dieu a définitivement vaincu la mort. Une parole de Dieu, communiquée par l’Ange du Seigneur, explicite le message. Elle ne s’adresse pas aux gardes qui sont censés empêcher le vol du corps de Jésus, mais aux femmes qui cherchent Jésus.

Le message pascal s’appuie sur la quête des femmes : Vous cherchez Jésus le Crucifié. Et il l’exauce en révélant ce qu’est devenu le Crucifié : il est ressuscité. Dans le texte grec, le verbe est au passif. On peut traduire littéralement : il a été réveillé. L’agent de la résurrection est Dieu. La tombe n’a plus le dernier mot. Dieu est définitivement vainqueur de la mort.

Les femmes reçoivent une mission auprès des disciples. Lesquels sont invités à retrouver Jésus dans la Galilée des nations, sur le lieu  des commencements. Elles exécutent leur mission avec empressement, en courant.  En chemin, Jésus leur apparaît et confirme leur mission. Lui touchant les pieds, elles peuvent constater qu’il est vivant et peuvent lui rendre hommage en se prosternant devant lui. Jésus est désormais le Seigneur. Présent dans son Église, il soutient le travail des messagers et il est en même temps le contenu du message : Christ est ressuscité !.

 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 6. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.