Dimanche de Pâques (5 avril 2015)
 
 
"Selon l'Écriture, il fallait que Jésus ressucite d'entre les morts... "
 

• Actes des Apôtres 10,34a.37-43

« Dieu nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l'a établi Juge des vivants et des morts ». Depuis les événements de Pâques, les apôtres ne sont plus les mêmes. Ils sont comme métamorphosés. Depuis la mort de Jésus, ils étaient abattus : ils avaient tant espérer qu’il transformerait leur monde, libèrerait leur pays de la domination romaine. N’était-il pas, lui, l’homme providentiel ? Et voilà que ce sont eux qui se retrouvent en première ligne. C’est à eux d’agir ! Celui qui, par delà la mort, leur a été manifesté vivant et dont l’Esprit les a envahis les envoie comme témoins de ce qu’ils ont vécu avec lui, compris de son existence, de sa relation à Dieu, de sa mission. Pierre n’a que ces mots à la bouche : proclamer, être témoins (2 fois), annoncer, témoigner, rendre témoignage. Désormais, les disciples ne s’appartiennent plus. Ils ne gèrent plus eux-mêmes leur agenda : ils sont constitués ‘disciples missionnaires’ (Exhortation La joie de l’évangile 119-121).

C’est ainsi que Pierre se retrouve à Césarée chez un centurion romain. Poussé par le Seigneur, il a pu dépasser la lettre de la Loi juive et vaincre ses réticences à franchir le seuil de la porte d’un païen. C’est que l’enjeu en vue du jugement ultime est primordial : le dessein de Dieu est que tout homme puisse choisir librement de vivre pleinement de la vie divine. Il s’agit donc de permettre à tout homme de connaître le Christ Jésus et de découvrir par lui l’infini de la miséricorde de Dieu.


• Psaume 117

Le psaume 117 est par excellence l’alléluia pascal et c’est ce même extrait que nous avons chanté en acclamation de l’évangile de la nuit. Aujourd’hui il nous donne les mots pour répondre à l’appel entendu dans la 1ère lecture : « Non, je ne mourrai pas, je vivrai, pour annoncer les actions du Seigneur ». 


• Jean 20,1-9

Comment ne pas être frappés par la septuple répétition du mot « tombeau » - surtout si l’on prend en compte toute la symbolique de totalité, de perfection que porte le chiffre 7 - ? Alors que nous célébrons la résurrection de Jésus dont dépend notre devenir humain (qu’y-a-t-il après la mort ?), nous sommes mis devant la réalité implacable de notre passage par la mort. Mais c’est justement dans ces « ténèbres » qu’une espérance surgit : « la pierre a été enlevée du tombeau ». Il est désormais possible de douter du caractère absolu et définitif de la mort. Elle n’emprisonne plus à tout jamais, des relations demeurent possibles, un avenir est ouvert. A travers les différents personnages qui se présentent à la porte du tombeau, n’est-ce pas un chemin de foi qui nous est proposé ?

Marie Madeleine est mue par son attachement affectif. Elle se rend au tombeau dès que possible, « de grand matin » puis elle court vers les disciples. Son discernement est aiguisé : avant même que le ressuscité ne se manifeste à elle, elle nomme déjà Jésus du nom divin « le Seigneur » !… mais c’est un Seigneur mort qu’elle cherche. Un peu plus tard, alors qu’elle demeure toujours à l’extérieur du tombeau pour elle infranchissable, celui qu’elle reconnaîtra à sa manière unique de l’appeler par son nom l’invitera à ne pas le retenir, à entrer avec lui dans une relation moins possessive et plus communautaire : « va trouver mes frères » et tournez-vous vers notre Père.

Interpellés, Pierre et l’autre disciple partent ensemble. Seraient-ils allés au tombeau sans l’empressement de Marie à s’y rendre ? « Celui que Jésus aimait » est plus rapide et dès son arrivée se penche à l’intérieur du tombeau. Mais il patiente pour laisser la primeur à Pierre, gardien du dépôt de la foi des Apôtres : seuls les linges demeurent, parfaitement à leur place initiale. Le texte ne dit rien de la réaction de Pierre alors qu’il souligne de manière mémorable celle de l’autre disciple : « il vit, et il crut ».

La tradition a identifié cet « autre disciple » à Jean, ce que l’évangile ne dit jamais. En revanche il nous décrit ce disciple, comme « appuyé contre Jésus » - en grec ‘dans le sein de Jésus’ - (Jn 13,23) comme Jésus est lui-même « dans le sein du Père » (Jn 1,18). Il est clair que l’évangile johannique valorise cette intimité spirituelle qui unit le disciple à Jésus comme Jésus l’est au Père, mais il souligne constamment aussi l’importance des interpellations mutuelles sur nos chemins de foi.


 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Colossiens 3,1-4) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 6. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
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