La Sainte Famille (28 décembre 2014)
 
 
"La grâce de Dieu était sur lui... "
 

La naissance de Jésus n’est pas seulement un heureux événement qui réjouit une famille. Elle est avant tout une étape décisive dans le projet de Dieu pour l’humanité. Les deux premières lectures et le psaume ont pour centre le personnage d’Abraham avec qui Dieu a fait Alliance. Une Alliance infrangible, éternelle, pour mille générations (psaume). Dans le cadre de cette alliance Joseph et Marie présentent Jésus au Temple (Évangile). En ce lieu, deux témoins, un homme et une femme, reconnaissent en Jésus le libérateur d’Israël.


Genèse 15,1-6 ; 21,1-3

Dieu intervient auprès d’Abraham pour conclure une alliance avec lui. Cette alliance n’est pas réciproque, mais elle est un engagement unilatéral. Abraham se souvient de ce que Dieu avait dit quand il l’avait appelé à quitter son pays : « Je ferai de toi une grande nation ». Pour le moment cette promesse n’est pas exaucée. Abraham et sa femme sont avancés en âge et ils ne pourront pas transmettre leur héritage en ligne directe. Dieu répond en faisant contempler à Abraham les étoiles du ciel, il lui montre l’importance de sa descendance. D’un point de vue humain, la promesse divine est irréalisable. Pourtant Abraham eut foi dans le Seigneur. Cette phrase a une portée incalculable. Elle constitue en effet le deuxième volet de l’alliance. C’est la réponse de l’homme à la proposition de Dieu. Non pas une réponse pieuse ou morale, mais l’adhésion pleine et entière au projet divin. Abraham mise son existence sur la parole de Dieu et il s’ajuste sur elle. Voilà la « justice » d’Abraham, on pourrait dire aussi la « justesse » de l’attitude d’Abraham. Celui-ci se laisse ajuster sur Dieu. Il est en totale conformité avec la volonté de Dieu et devient de ce fait un modèle pour tous les croyants.


Psaume 104

L’extrait de ce jour est le début d’un long psaume qui raconte la merveilleuse histoire d’Israël depuis Abraham jusqu’à la sortie d’Égypte. Les trois premières strophes sont un invitatoire avec dix verbes à l’impératif : rendez grâce, proclamez, annoncez, etc. Avec une grande variété de vocabulaire, le poète invite le peuple à se tourner vers Dieu qui a fait alliance avec lui. Le souvenir joue un rôle important. Dieu se souvient de ce qu’il a promis à Abraham. Il est fidèle et met sa promesse à exécution. Le peuple lui aussi doit aussi se souvenir, non seulement de ce que Dieu a dit mais également de ce qu’il a fait. Cela est rapporté dans les Écritures.


• Luc 2,22-40

Les parents de Jésus se comportent en juifs pieux et accomplissent les commandements de la Loi : la « purification de la mère » et la consécration du premier-né au Seigneur.

Quand elle a accouché, une femme offre un agneau d’un an et une tourterelle. Une femme pauvre « prend deux tourterelles ou deux pigeons, l'un servant à un holocauste et l'autre à un sacrifice pour le péché ; quand le prêtre a fait sur elle le rite d'absolution, elle est purifiée. » (Lévitique 12,8)   Les parents de Jésus qui font partie des humbles du pays, exécutent les rites prévus par la Loi.

Selon le commandement donné par Dieu à Moïse, le fils premier-né, appartient au Seigneur : « Consacre-moi tout premier-né, ouvrant le sein maternel, parmi les fils d'Israël, parmi les hommes comme parmi le bétail. C'est à moi. » (Exode 13,2) Les parents de Jésus font plus que ce qui est prévu, en présentant l’enfant au Temple. Ce geste n’est pas exigé par la Loi.

Les prêtres ne jouent aucun rôle dans cette scène. Deux prophètes par contre, un homme et une femme viennent révéler la destinée de l’enfant. Siméon, nourri des Écritures, cite le prophète Isaïe : «  Je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre.» (Is 49,6) Les nations païennes ne sont pas simplement conduites à regarder le salut que Dieu donne à son peuple, elles sont elles-mêmes les bénéficiaires de ce salut, qui a maintenant une portée universelle. Il ne s’imposera pas automatiquement, mais il sera l’objet d’un libre acquiescement, d’où des tensions et des divisions dans le peuple. Relevons également l’intervention de la prophétesse Anne qui présente Jésus comme le libérateur d’Israël.

Cette belle page de l’évangile de Luc est plus qu’une description des rites d’une famille juive pratiquante, lors de la naissance de leur fils. Elle est une médiation sur le mystère de Jésus, sauveur du monde.


On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Hébreux 11,8 ; 12,17-19) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 2. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"