1° dimanche de l’Avent (30 novembre 2014)
 
 
Prenez garde, restez éveillés...
 

La venue du Seigneur, voilà le thème central des lectures de ce jour. « Déchire les cieux, viens à notre rencontre, manifeste ton amour de Père », dit le prophète (première lecture). « Sois le Bon Pasteur, visite la vigne que tu as planté, soutiens ton enfant chéri », chante le psaume. La venue du Seigneur s’est réalisée en notre Seigneur Jésus Christ, écrit Paul (dexième lecture). Il est venu et il reviendra. Tenez bon jusqu’au bout. « Veillez, dit Jésus dans la parabole (Évangile), ne soyez pas endormis ».

• Isaïe 63,16-17.19 ; 64,2-7

Œuvre collective, le livre d’Isaïe regroupe des oracles qui ont été délivrés par plusieurs prophètes à des périodes différentes de l’histoire d’Israël. Attribué au troisième Isaïe, un prophète de la période troublée du retour de l’exil, le texte d’aujourd’hui s’apparente à une complainte.

En 537, grâce à l’édit de Cyrus, le roi Perse, un premier groupe de déportés est rentré à la maison. En termes lyriques, le deuxième Isaïe avait chanté ce retour. Il célébrait Dieu qui prenait la tête du cortège et ramenait son peuple dans la joie et les danses. Ce retour, en réalité, fut décevant. Les anciens déportés se sont heurtés à ceux qui étaient restés dans le pays. Ils ont eu du mal à reconstruire Jérusalem. Chacun s’est occupé de ses affaires et le Temple est resté en ruine.       

Selon la mentalité du temps, rien ne peut se passer sans une volonté expresse de Dieu. Non sans audace, le poète s’adresse donc à Dieu pour formuler un reproche : Pourquoi nous laisses-tu dans cette situation ? Par ses propres forces, le peuple ne peut pas se relever. Il faut que tu changes d’attitude : Reviens, Seigneur, déchire les cieux et viens nous visiter !

Mais il est trop facile d’attribuer tous les malheurs à Dieu. Le peuple s’est souillé par ses trop nombreux péchés. Il est comme une plante flétrie. C’est lui qui doit se convertir et non pas Dieu.

Retenons la belle image du Dieu potier. Utilisée dans les premières pages du livre de la Genèse pour raconter la création d’Adam, elle est ici reprise et actualisée par le prophète. Nous sommes tous l’ouvrage de tes mains. Relevons enfin l’affirmation sur la paternité de Dieu qui figure au début et à la fin du texte : Seigneur, tu es notre Père. Cette idée sera admirablement développée, et priée, par le Christ.


Psaume 70

Dans la même tonalité que le texte d’Isaïe, le psaume est une prière pour la restauration d’Israël. Il a des accents pathétiques et il convient bien pour inaugurer ce temps de l’Avent. Le peuple est successivement comparé à un troupeau, à une vigne, à un fils préféré. On reconnaît les grands thèmes bibliques qui parcourent l’Ancien et le Nouveau Testament. Avec la venue de Jésus, Dieu répond à cette demande. Partageons la ferveur du poète et osons dire à Dieu : Jamais plus nous n’irons loin de toi !


• Marc 13,33-37

Tiré du discours apocalyptique de Jésus, l’extrait de ce jour se situe dans la ligne de l’attente du « jour du Seigneur ». Dans la tradition biblique, ce jour signifie une intervention de Dieu qui met de l’ordre sur la terre. Il punit les méchants et récompense les justes. C’est un jour redoutable où se manifestera « la colère » de Dieu. Le chant « Dies irae, dies illa », « Jour de colère que ce jour-là », de la messe des défunts d’avant le Concile traduisait bien ces sentiments.

Jésus ne joue pas sur les sentiments de crainte. Nulle menace dans ce texte, mais un appel à la vigilance. Il ne s’agit pas de spéculer sur la date du retour du Seigneur, mais de se comporter, de jour comme de nuit, dans les moments lumineux comme les moments sombres de l’existence, en serviteurs à qui l’on peut faire confiance.


On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 1,3-9) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 1. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"