Fête de la Croix Glorieuse (14 septembre 2014)
 
 
Dieu a envoyé son Fils dans le monde pour que, par lui, le monde soit sauvé...
 

La croix du Christ, signe d’abaissement et d ‘élévation. Sur elle, Jésus se révèle totalement l’un des nôtres, partageant notre condition mortelle et prenant la condition du serviteur. Sur elle, Dieu élève son Fils et nous le présente comme gage du salut éternel.


Nombres 21,4-9

L’épisode se situe à la fin de la longue traversée du désert, avant l’entrée en  terre promise. Dès le début de la marche, le peuple récrimine et traîne des pieds. Trois jours après la sortie d’Égypte, il murmure déjà contre Moïse en disant que l’eau est imbuvable. Il évoque avec nostalgie les chaudrons de viande du passé. Dieu répond au peuple en faisant pleuvoir le pain du ciel, la manne. Quarante ans après, dans l’épisode d’aujourd’hui, ce pain est traité de nourriture misérable.  Le peuple est à bout de courage. Moïse, une fois de plus, est un intermédiaire efficace entre le peuple et Dieu. Il s’interpose et fait revenir Dieu de l’ardeur de sa colère.

Le récit montre l’importance de Moïse, le législateur. Lui et son œuvre sont l’intermédiaire entre Dieu et les hommes.

Il faut noter aussi les aspects particuliers de ce texte et plus spécialement les serpents à la morsure brûlante (= venimeux). Le geste qui sauve est un peu magique. On peut penser au caducée, le symbole des professions de santé, qui représente deux serpents fixés sur un bâton. Dans notre texte, ce qui sauve, ce n’est pas le serpent fixé au sommet d’un mât, mais le regard levé sur lui. Les yeux se lèvent sur une représentation du mal, le serpent, Mais est le serpent est vaincu. Il ne peut plus ramper par terre et mordre la descendance de la femme au talon (Gn 3,15). Lever les yeux vers le serpent mort, c’est lever les yeux vers Celui qui l’a vaincu, le Seigneur, le maître de la vie.


Psaume 77

Le psaume est une longue méditation sur l’histoire d’Israël, depuis la sortie d’Égypte jusqu’à la montée sur le trône de David. Cette histoire est racontée de génération en génération. Relatant les merveilles accomplies par Dieu, elle redit les titres de gloire du Seigneur. Relatant également les rebellions de la génération des pères, elle sert également de leçon pour toutes les générations. Cette histoire n’est pas à ranger dans le genre « vie de saints ». Elle n’idéalise pas les ancêtres et ne leur attribue pas des vertus extraordinaires. Elle montre au contraire leurs incessantes rébellions contre Dieu et leurs infidélités à l’alliance. Le Seigneur a fort à faire pour éduquer son peuple rebelle.  Mais il est miséricordieux et il pardonne. Il tient compte de la fragilité des êtres humains. Ils ne sont pas des surhommes. Ils ne sont que chair, un souffle qui va sans retour.


• Jean 3,13-17

L’évangile de ce jour est tiré de la rencontre entre Jésus et le pharisien Nicodème. Dans une longue tirade, Jésus lui livre les secrets de Dieu. Il peut le faire parce qu’il vient de Dieu. Nul  autre que lui ne peut le faire. « Qui, étant monté aux cieux, en est redescendu ? » s’interrogeaient les sages d’Israël (Proverbes 30,4). Personne évidemment, sauf Jésus. Avec une nuance cependant. Jésus n’est pas monté au ciel pour en redescendre. Il est descendu du ciel pour y remonter. Il a été envoyé par le Père et a été élevé. Dans notre passage, l’évangéliste joue sur l’ambiguïté de l’expression. Jésus a été élevé sur le bois de la croix et il a été élevé par Dieu. Pour Jean, la mort de Jésus n’est pas un sacrifice destiné à apaiser la colère de Dieu, comme l’affirmera une certaine théologie. Elle est au contraire la manifestation de l’amour de Dieu pour les hommes. Le Père nous donne son Fils unique pour nous sauver. Ce thème de l’amour de Dieu pour les hommes figure ici pour la première fois dans l’évangile de Jean. Il sera amplement développé par la suite.


 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Philippiens 2,6-11) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 11. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"