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"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur... et tu aimeras ton prochain comme toi-même... "
 

Toute la loi de Moïse se résume dans l’amour de Dieu et l’amour du prochain, dit Jésus (Évangile). Cette déclaration est préparée par un texte de l’Exode (première lecture) qui nous invite à un amour concret de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin et par le psaume qui est un fervent chant d’amour à Dieu.


Exode 22,20-26

Le texte est tiré du Code de l‘Alliance, cette partie du livre de l’Exode qui prolonge et explicite les Dix commandements du Sinaï. Dans la première partie, Moïse attire l’attention du peuple sur trois catégories de pauvres : l’immigré, la veuve et l’orphelin. Le premier est l’étranger qui vit habituellement au milieu du peuple d’Israël. Il ne possède ni terre ni troupeau et il est particulièrement vulnérable. Moïse invite le peuple à se souvenir de sa propre condition lors du séjour en Égypte. La veuve et l’orphelin sont également dans une situation précaire. Dans une société où il n’y a ni pension de réversion ni sécurité sociale, ils ne peuvent survivre que grâce à l’aide des autres. Moïse invite les hommes du groupe à imaginer le sort de leur femme et de leurs enfants s’ils venaient à disparaître. Et il les invite également à lever les yeux vers Dieu. Celui-ci n’est pas insensible à la détresse des pauvres. Il prend fait et cause pour eux. Le législateur examine ensuite deux cas concrets. Il donne des règles précises afin que l’amour du prochain ne soit pas un simple slogan et qu’il se traduise en actes. L’usure est interdite. Elle prospère sur la misère d’autrui. La loi empêche de saisir les objets qui sont indispensables pour la survie.

Comme on peut le constater, l’amour du prochain, n’est pas un commandement inventé par Jésus. Il figure largement dans l’Ancien Testament et plus particulièrement dans la partie législative. La Loi du Sinaï lui trace le cadre concret où il peut s’exercer.


Psaume 17

Psaume royal, mis dans la bouche de David qui remercie Dieu de l’avoir délivré de ses ennemis et plus particulièrement de Saül. Le langage du psaume est militaire avec des images de solidité et de force : roc, forteresse, bouclier, etc. Et des images de libération : Dieu a sauvé, libéré, dégagé. Dieu permet au roi, et par conséquent au peuple dont il a la charge, de vivre librement.

Le langage militaire s’articule sur un langage de tendresse, presque féminin. En hébreu, le verbe utilisé pour dire Je t’aime est un mot qui désigne les sentiments d’une mère pour son enfant. Entre le croyant et Dieu existent des sentiments très tendres et très forts. L’amour est réciproque. Au Je t’aime du début correspond le il m’aime de la fin de la deuxième strophe.


• Évangile : Matthieu 22,34-40

Bien qu’il veuille mettre Jésus à l’épreuve, la question du docteur de la Loi est pertinente. Il essaye de mettre un peu d’ordre dans le maquis des prescriptions de la loi de Moïse ? A l’époque de Jésus, c’était la grande question des maîtres pharisiens. Hillel, l’un des plus célèbre d’entre eux disait : « Ne fait pas aux autres ce qui te déplait : voilà toute la loi. Le reste n’est que commentaire » Jésus se place dans sa lignée en mettant en exergue deux extraits de la Loi. Le premier est le Shema Israël, quelques versets du Deutéronome qu’un juif pieux récite deux fois par jour : « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Ces commandements que je te donne aujourd’hui resteront dans ton cœur » (Deutéronome 6,4-6). Le second est un passage du Lévitique : « Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur » (Lévitique 19,18).

Jésus subit victorieusement l’épreuve que lui impose le docteur de la Loi. Celui-ci ne trouve rien à répliquer. Avec la passion qui s’annonce, Jésus montre comment il met ces deux commandements en pratique. Il va jusqu’au bout de son amour pour le Père et jusqu’au bout de son amour pour ses frères. Il n’aime pas seulement son « prochain », mais également son « lointain ». L’amour de Jésus s’étend à tous les hommes, également aux ennemis. Il meurt en pardonnant à ceux qui lui ont fait du mal.


On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Thessaloniciens 1,5-10) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 12. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
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La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"