12° dimanche du temps ordinaire (21 juin 2015)
 
 
"Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N'avez-vous pas encore la foi ? "
 

• Job 38,1.8-11

Le livre de Job est souvent présenté comme une explication du mal et de la souffrance. Il n’en est rien : le livre n’explique pas mais il constate que le mal existe et que le juste y est aussi affronté.

Si on pense que Dieu est bon et tout-puissant comment expliquer qu’un homme juste et droit souffre ? C’est pourtant ce qui arrive à Job qui d’ailleurs n’est même pas juif. Dieu l’a mis à l’épreuve : tout lui a été enlevé et même ses amis ne lui sont d’aucun secours puisque pour eux : si Job souffre, c’est qu’il a péché. Alors, Job en appelle à Dieu.

Ce que Job avait si ardemment désiré (13,22) arrive enfin : Dieu se manifeste. Mais les choses se passent tout autrement que Job ne l'avait imaginé, quand il réclamait la présence de Dieu.  Dieu ne répond pas directement aux questions de Job, mais il lui révèle le mystère de sa grandeur : c’est Lui, Dieu qui a créé la mer, cette force gigantesque de la nature et donc, seul, il peut la maîtriser à son gré. Ici nous voyons poindre le fait que le peuple hébreu n’était pas un peuple marin. Cette mer sans cesse en mouvement, qui ne reste jamais tranquille lui apparaissait comme dangereuse et étrange et le lieu des puissances maléfiques

La suite du récit, nous montre Job surpris, presque accablé par les questions que son Seigneur lui adresse, il comprend alors quelle a été sa présomption et son imprudence, il s'humilie et se tait. Dieu nous invite à reconnaître que la véritable sagesse consiste à ne pas tenter de pénétrer ce qui est impénétrable. Comment pourrions-nous sonder les plans du Seigneur et scruter ses desseins, puisqu'il est si grand et que nous sommes si petits ?


• Psaume
106,21a.22a.24, 25-26a.27b, 28-29, 30-31

Ce psaume 106 convient très bien en réponse à la première lecture où Dieu rappelle à Job sa maîtrise sur la mer et il nous prépare au récit de la tempête apaisée où Jésus accomplit les œuvres de Dieu sur la mer.

La Parole de Dieu y est présentée comme un agent qui exécute les décrets de Dieu : c’est elle qui provoque la tempête mais aussi qui la calme. Ce psaume nous renvoie au récit de création de Genèse 1 où Dieu crée par sa parole. De même, Jésus calmera la tempête par sa Parole. Et donc nous sommes invités nous aussi à rendre grâce au Seigneur de son amour, de ses merveilles chaque fois qu’il apaise nos tempêtes intérieures ou venant de l’extérieur !


• Marc 4,35-41

Face à ce récit appelé habituellement La Tempête apaisée, il me semble  capital de se poser la question : de quoi s’agit-il vraiment ? De la résolution d’un problème, en l’occurrence : apaiser une tempête  ou s’agit-il d’un récit de révélation ?

Bien sûr les vents sont calmés mais cet événement est au service de quelque chose de plus important. Pour un lecteur, familier de l’A.T., il est clair que Jésus accomplit des actions attribuées directement à Dieu dans les Psaumes. Il faudrait relire notre 1ère lecture et le psaume 106(107) –- en entier ou du moins à partir des versets 23 et suivants pour admettre que Jésus accomplit alors un miracle en haute mer en tout semblable à ceux que Dieu réalisait autrefois.

« Réveillé, il menaça le vent » Marc décrit la scène comme un exorcisme avec le même vocabulaire : "menacer", "silence", "crainte"...

Chez les juifs, la mer représentait le lieu des puissances mauvaises comme le laissait entendre la 1ère lecture. En dominant les eaux et le Vent par sa Parole, Jésus manifeste sa puissance et sa domination sur tous les esprits mauvais.

En rapprochant le récit d'aujourd'hui de l'expulsion d'un esprit impur à Capharnaüm, nous trouvons les mêmes mots : «Tais-toi » et la même réaction des disciples : "Qu'est-ce que cela veut dire ? Il commande même aux esprits impurs et ils lui obéissent' (1,27).

Ce texte nous ramène à la question initiale et fondamentale de l'évangile : l'identité du Messie. Le centurion romain répondra en regardant le crucifié, à la fin du livre : " Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu" (15,39).

Après la résurrection, les disciples ne découvriront pas autre chose : « Christ est vainqueur de la mort ! » Tout leur est déjà donné là (comme à nous, à certains moments de la vie spirituelle, tout nous est donné et à d'autres, on court après ...)

Mais les disciples ne sont pas encore capables de tirer toutes les conséquences de ce qu'ils ont vu. Ils y reviendront. Pour le moment, c'est l'interrogation : « Qui est-il donc ? » C'est un fameux pas mais pas encore l'adhésion totale ! Il faut du temps pour connaître Jésus !


On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (2 Corinthiens 5,14-17) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 8. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"