19° Dimanche ordinaire (10 août 2014)
 
 
"Confiance ! C'est moi, n'ayez pas peur... "
 

Quand la tempête secoue la barque de Pierre, le Seigneur marche à sa rencontre (Évangile). Il domine les flots. Sa présence est apaisante comme le murmure de la brise légère dans lequel le prophète Elie reconnaît la présence de Dieu (1° lecture). Avec lui, amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent, comme dit le psalmiste.


Premier livre des Rois 19,9.11-13

Le prophète Elie est en fuite devant la reine Jézabel qui cherche à le tuer. La reine est furieuse parce que Elie a vaincu et éliminé les prêtres païens du dieu Baal, qu’elle soutient. Réfugié dans le désert, Elie est triste et découragé à en mourir. Mais Dieu lui envoie un ange pour lui apporter des vivres afin qu’il puisse poursuivre son chemin jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu. Parvenu à l’Horeb, autre nom du Sinaï, Elie découvre la vraie nature de Dieu qui n’est pas dans le bruit et la fureur, mais dans le murmure d’une brise légère. On pense à la manifestation de Dieu au Sinaï. Il y a les mêmes éléments naturels : la montagne, l’ouragan et le tremblement de terre. Mais, cette fois-ci, le Seigneur ne se manifeste pas dans le déchaînement des forces de la nature. Sa présence est évoquée par quelque chose de ténu comme un léger souffle de vent.

Après les événements violents du mont Carmel, Dieu réconforte son prophète. Il le confirme dans sa foi. Ce ne sont pas les Baals qui sont les maîtres de la nature, mais c’est le Seigneur, le Dieu d’Israël. Mais ce Dieu se révèle beaucoup plus dans la prière et la contemplation paisible que dans les luttes violentes. Il n’est pas étonnant que de nombreux contemplatifs, et tout spécialement ceux qui se réclament de l’ordre du Carmel, se soient placés sous le patronage d’Elie.


Psaume 84

Le psaume est un oracle de bonheur qui a des racines historiques. Il a probablement été prononcé au moment où les déportés d’Israël sont rentrés de l’exil. Le prophète annonce que les périodes troublées sont révolues et que Dieu reviendra habiter au milieu des siens, dans son Temple. La gloire du Seigneur (en hébreu la shekinah) que le prophète Ezéchiel avait vu sortir du Temple pour aller résider à Babylone au milieu des déportés revient pour habiter notre terre.

La deuxième strophe énumère quatre attributs de Dieu. A la manière de quatre personnes humaines, ils se rencontrent, s’embrassent et esquissent un ballet entre ciel et terre. Vérité et justice vont à la rencontre l’une de l’autre. La première germe de terre, la seconde se penche du ciel.

La troisième strophe décrit une terre nouvelle où la paix promise par Dieu est réalisée. L’humanité est comblée à la fois par la terre qui donne son fruit et par Dieu qui accorde ses bienfaits. La bonne nouvelle est que le Seigneur lui-même va venir, non seulement dans son Temple de Jérusalem, mais cheminant au milieu des hommes. Marchant devant lui comme un héraut devant un roi, la justice lui trace un chemin.


• Matthieu 14,22-33

Le texte joue sur les contrastes. Le haut et le bas, la montagne et la mer, la foule et la solitude, la tempête et le calme, le doute et la foi. De l’autre côté du lac, Jésus se sépare à la fois de la foule et des disciples. La foule a suivi Jésus en contournant le lac. Nourrie par lui dans un lieu désert, elle rentre chez elle en suivant de nouveau le lac. Les disciples prennent le plus court chemin en traversant le lac sur une barque. Mais le chemin le plus court n’est pas nécessairement le meilleur. Il peut même s’avérer très périlleux. Ces Galiléens qui n’ont pas le pied marin ont peur des tempêtes. Pour eux, la mer est le symbole même des forces hostiles, toujours prêtes à l’engloutir les hommes. Jésus reste seul dans la montagne. Dans l’imaginaire biblique, la montagne joue un rôle opposé à la mer. On y est plus proche de Dieu. Dieu a parlé à Moïse sur une montagne. Il s’est révélé à Elie sur la même montagne.

Pendant toute la nuit, Jésus prie. Alors que les disciples sont affrontés aux forces du mal, Jésus dialogue avec Dieu, son Père. Il n’abandonne pas pour autant les siens. Vers la fin de la nuit, au moment où le jour se lève, Jésus rejoint la barque de ses disciples. Sa première parole est une parole de confiance que les disciples ont du mal à recevoir. Leur foi est chancelante, comme elle le sera plus tard, au petit matin du jour de Pâques. Homme de peu de foi, dit Jésus à Pierre. Seule une foi totale en Jésus permet de ne pas couler.

La scène s’achève sur un acte liturgique. La communauté des disciples reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu et se prosterne devant lui. Elle reconnaît que Jésus est le seul maître de la barque de Pierre qui se dirige vers l’autre rive. Jésus est le seul à dominer les forces du mal. Sans une totale confiance en lui, ces forces prennent le dessus, aussi bien pour chaque croyant que pour l’Église. Mais avec Jésus à bord, le passage s’effectue sans encombre. Avec lui, la paix s’installe et les puissances maléfiques sont domptées. Belle leçon d’espérance et de foi pour chaque croyant ainsi que pour l’ensemble de la communauté chrétienne.

 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Romains 9,1-5) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 10. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"