3° dimanche de Carême (8 mars 2015)
 
 
"Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai... "
 

• Exode 20,1-17

Ce que nous appelons le Décalogue (en grec les dix Paroles) est proclamé par le Seigneur lui-même dans la théophanie du Sinaï marquée par le don de l’alliance et de la loi (Ex 19 – 24). 

Les mots introductifs sont particulièrement importants : ils rappellent l’acte de délivrance opéré par Dieu en faveur de son peuple lors de la sortie d’Egypte. C’est ce don préalable qui fonde les commandements et appelle à les observer.    

Entre les premiers, centrés sur Dieu et les derniers, centrés sur le prochain, deux commandements jouent le rôle de charnière, visant à la fois Dieu et les humains : il s’agit du respect du sabbat et de l’honneur aux parents. Le sabbat, rappel du repos de Dieu au septième jour de la création, libère, pour un jour, de tout travail la maisonnée entière, y compris les esclaves. Quant à la déférence due aux parents, elle honore en eux le fait d’être, comme Dieu, à l’origine de la vie.

A part ces deux commandements, tous les autres sont formulés de manière négative, sous forme d’interdits. Ils fixent une limite qui seule rend possible l’épanouissement de l’existence. Ce mode de formulation laisse toute sa place à la liberté : ne pas tuer c’est, dans la réalité,  promouvoir la vie de mille manières.

Il est un message qui, répété avec des variantes, parcourt toute la Bible : « Observez mes commandements et vous vivrez ».


Psaume 18

Les versets qui précèdent ce passage du psaume sont un hymne à la beauté de la création. Comme si le psalmiste voulait nous dire que la loi est aussi parfaite que la création. L’une et l’autre ne sont-elles pas l’expression de la Parole de Dieu ?

La loi est don de Dieu en tant qu’elle instruit et dirige l’homme. Comme dans le  psaume 118, tout entier consacré à l’éloge de la loi, l’auteur décline les vertus de celle-ci en la désignant par des mots qui tous expriment un de ses aspects : la charte du Seigneur, ses préceptes, ses commandements, ses décisions. Et, on le voit, les vertus de la loi sont multiples : elle apporte vie, sécurité, sagesse, droiture, joie, clarté, justice.

Le dernier verset fait converger les deux thèmes de la création et de la loi dans l’image de l’or et du miel, deux biens parmi les plus précieux. L’or, qui irradie la lumière du soleil, comble le regard. Du miel, un autre psaume dit que le Seigneur peut en rassasier son peuple. (Ps 80, 17). Et la loi est plus « désirable » que l’or et plus « savoureuse » que le miel. 


• Jean 2,13-25

Cette scène est connue comme celle de la purification du Temple. A la différence des autres Evangiles, qui situent l’événement dans les jours précédant la passion et la mort de Jésus, Jean le place au début de son ministère.  

Le Temple était au centre de la vie religieuse des juifs. Ici, le lieu de l’action est le parvis des Gentils ou des païens, le plus externe et le plus vaste des parvis entourant le sanctuaire. L’activité des marchands et des changeurs avait désacralisé ce lieu.    

Par son geste, Jésus non seulement entend rétablir le respect dû à « la maison de son Père ». Il veut aussi manifester la rupture avec le culte ancien basé sur les sacrifices. Aux Juifs, qui réclament un « signe », c’est-à-dire un geste authentifiant la légitimité de son acte, Jésus se présente lui-même comme le vrai sanctuaire : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai ». Les Juifs ne peuvent comprendre ce propos. Dépassant le malentendu, l’Evangéliste nous donne la clé de cette annonce voilée, faite par Jésus, de sa mort et de sa résurrection. Comme dans d’autres épisodes du quatrième Evangile, la foi née de la résurrection éclaire rétrospectivement le sens de paroles prononcées et de gestes accomplis par Jésus durant son ministère. 

 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 1,22-25) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 4. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"