Veillée pascale (4 avril 2015)
 
 
Alléluia ! Le Christ est ressuscité !
 

• Première lecture : Genèse 1,1 – 2,2

Les lectures de la veillée pascale sont des récits de l’histoire du salut ou des oracles prophétiques de salut. Le premier récit est celui de la création, premier acte d’amour de Dieu envers l’homme, ce dont témoigne la bénédiction. Le geste créateur peut être considéré comme le fondement de l’alliance.

• Psaume 103

Cet hymne à la création illustre la bénédiction donnée par Dieu lors de la création. Le Seigneur, par la lumière et par l’eau, donne le pouvoir fécondant à la terre, prête à recevoir le travail de l’homme. Tout respire ici abondance et profusion. Le psalmiste nous invite en retour à louer notre Créateur.


• Deuxième lecture : Genèse 22, 1-13.15-18

La tradition chrétienne a vu dans ce texte plusieurs symboles liés au mystère pascal vécu par le Christ : bois du sacrifice représentant le bois de la croix, bélier immolé préfigurant Jésus lui-même, troisième jour évoquant le jour de la résurrection du Seigneur. L’auteur de l’Epitre aux Hébreux dira qu’Abraham, en obéissant à Dieu, espérait déjà la résurrection des morts (He 11, 19).    


Psaume 15

Le psalmiste demande avec confiance au Seigneur de lui garantir ses jours. Dans les Actes des Apôtres, Pierre voit dans cette prière de David une annonce de la résurrection du Christ : Ac 2, 25 – 32). 


• Troisième Lecture : Exode 14,15 – 15,1

Dans l’Ancien Testament, la traversée de la mer Rouge est un événement fondateur. Le salut prend ici deux formes : sauvegarde de la vie et don de la liberté. La main puissante et le bras étendu sont les symboles qui rappelleront la mémoire de l’événement (Dt 4, 34 ; Ps 136, 10 - 12). Dieu se glorifie à travers le salut de son peuple. Par la « traversée » de son mystère pascal, accomplie une fois pour toutes, le Christ aujourd’hui encore, nous fait vivre et nous libère. 


Cantique : Exode 15

C’est le cantique de louange chanté par Moïse et les fils d’Israël après la traversée de la mer Rouge, en réponse à l’acte de salut du Seigneur.   

• Quatrième Lecture : Isaïe 54,5-14

Dans ce chant de Sion, le salut est présenté à la fois comme alliance nuptiale, création et rédemption. L’une des images du salut chez les prophètes c’est en effet l’alliance nuptiale entre le Seigneur et son peuple ici représenté par Sion. Est-il une figure plus forte de l’amour que celle des épousailles entre Sion et son créateur qui est aussi créateur de l’univers ? Mais le créateur est aussi le rédempteur, celui qui peut racheter la dette de la femme et la protéger, ainsi que ses enfants, contre tout oppresseur. L’alliance entre Sion et le Seigneur annonce celle du Christ ressuscité avec son Eglise, avec chacun d’entre nous.

• Psaume  29

C’est un psaume de reconnaissance chanté par quelqu’un qui a été sauvé de la mort. Le salut est ici sauvegarde de la vie. Le passage des larmes aux cris d’allégresse, du deuil à la danse, le changement des habits funèbres en parure de joie, sont autant d’images du pouvoir transformant du mystère pascal sur nos existences. 

 
• Cinquième Lecture : Isaïe 55,1-11

Le salut et l’alliance nous sont donnés sous forme d’eau et de nourriture. Un don gratuit et à profusion. Et nous entendons comme une invitation au festin cette parole : « Cherchez le Seigneur ». La vraie nourriture, c’est la Parole de Dieu. L’oracle nous fournit l’une des métaphores les plus évocatrices de la fécondité de cette Parole..


• Cantique : Isaïe 12

Ce psaume, contenu dans le livre d’Isaïe, reprend l’image des eaux : « Vous puiserez les eaux aux sources du salut ». C’est une louange au Dieu sauveur. Nous retrouvons ici la même formule que dans le cantique de Moïse : « Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. »


Sixième Lecture : Baruc 3,9-15.32 – 4,4

C’est une méditation sur la Sagesse associée à une démarche pénitentielle. Si le peuple a connu le malheur de l’Exil c’est qu’il a oublié la « Source de la Sagesse ». Celle-ci est identifiée à la Loi. Mais on peut aussi avec certains Pères de l’Eglise l’identifier au Messie qui « a vécu parmi les hommes ». Grâce à Jésus qui, dans le don de lui-même, a accompli le dessein de son Père, nous connaissons « ce qui plaît à Dieu ». 


Psaume 18

Ce psaume fait l’éloge de la Loi du Seigneur qui est la Parole de Dieu en tant que guide de l’existence de l’homme. C’est pour nous un chemin de vie rassurant, une source de joie, une garantie de justice.

 
• Septième Lecture : Ézéchiel 36,16-17a.18-28

Ézéchiel était présent parmi les exilés de Babylone. Après les avoir invités à méditer sur leur infidélité, il leur transmet, en tant que prophète, l’espérance d’une alliance qui fait écho à la nouvelle alliance annoncée par Jérémie. En tant que prêtre, Ézéchiel est attaché à la sainteté de Dieu et à la pureté qu’elle exige de l’homme. Réalisant cette prophétie, le Christ, par son mystère pascal, nous apporte le salut qui nous sanctifie et nous purifie, renouvelant ainsi notre cœur et notre esprit.   


Psaume 50

Le psalmiste implore Dieu pour qu’il lui donne un coeur pur et un esprit ferme. L’image du cœur brisé exprime tout le repentir du pécheur et l’aveu douloureux de sa faute. La nuit pascale est un moment de retournement intérieur pour les chrétiens, aspirés par l’élan de la   résurrection du Christ.   


• Épître : Romains 6,1-11

• Psaume 117

Dans ce psaume, nous lisons le message de Pâques : « Je ne mourrai pas, je vivrai ». L’image de la pierre rejetée des bâtisseurs qui est devenue la pierre d’angle sera souvent reprise dans le Nouveau Testament. Dans le langage de la construction, qui s’applique particulièrement bien à l’Eglise, elle exprime le passage de la mort à la vie, vécu par le Christ, et qui fonde notre foi chrétienne.


• Marc 16,1-7

Les deux femmes, qui ont assisté à l’ensevelissement de Jésus, sont venues pour embaumer son corps. Elles sont attachées à Jésus qu’elles ont suivi et servi en Galilée. Elles viennent, dans le deuil, lui donner le dernier signe de leur amour. Leur préoccupation est de savoir qui pourra leur rouler la pierre. Mais leur projet va être bouleversé.

Entrées dans le tombeau, elles le trouvent vide, à part la présence d’un jeune homme assis, en vêtements blancs, qui leur dit : « Il est ressuscité, il n’est pas ici ». Cette vision et cette parole ne suscitent pas leur foi mais leur frayeur. Une frayeur qui les empêche d’accueillir l’événement. Elles sont incapables de comprendre l’annonce entendue et encore moins de rapporter aux disciples et à Pierre le message. « Elles ne dirent rien à personne ».

L’action de Dieu fait éclater nos vues humaines. Seule la foi nous permet de nous ouvrir à l’inattendu et à l’infini de la résurrection du Christ.  


 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour l'Épître (Romains 6,3-11) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 5. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"