6° dimanche de Pâques (10 mai 2015)
 
 
"Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés... "
 

• Actes 10,25-26.34-35.44-48

Avec ce passage composé d’extraits d’Actes 10 (qu’il sera bon de lire en entier) nous retrouvons Pierre et Corneille déjà entrevus au jour de Pâques. à l'origine de leur rencontre se trouve l'initiative de Dieu qui se manifeste séparément à chacun (Ac 10,1-24). L'un et l'autre se laissent guider par Celui qui les précède sans savoir où ils seront conduits.

Pierre, qui déjà a dû se rendre à l’évidence de l’appel fait à Saul de les rejoindre, est maintenant amené à convertir son regard concernant les nations païennes : Dieu ne fait pas de différence entre juifs et non-juifs (v.34) ! Que de déplacements à opérer pour lui !

Arrivant chez Corneille, Pierre relève tout d’abord celui qui s’est spontanément abaissé devant lui. Geste pascal s’il en est. Mais ce faisant il écarte aussi diverses tentations : celle des catéchumènes de confondre le Seigneur avec ses prédicateurs comme celle des prédicateurs de capter pour eux-mêmes la confiance de ceux qui cherchent Dieu. Des erreurs que Paul corrigera chez les Corinthiens (1 Co 1,10-13) en montrant combien elles sont sources de divisions.

Puis Pierre expose le ‘kérygme’, le cœur de la foi, à Corneille et aux siens : Jésus a été oint d'Esprit Saint, il a annoncé la Bonne Nouvelle de la paix, il est mort sur la croix, il est ressuscité, il s'est manifesté, il est le juge établi par Dieu. Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. (v.36-43).

C'est pendant cette prédication que l'Esprit Saint s'empare de ceux qui l'écoutent. Permanence de la Pentecôte. Après celle dont ont bénéficié les juifs à Jérusalem (Ac 2,1-12), puis celle des Samaritains (Ac 8,5-17), voici celle-ci offerte aux païens. L’Esprit se répand à profusion et se diffuse de plus en plus loin, donnant à Pierre de constater l’universalité du don de Dieu. Et alors qu’en Samarie, les nouveaux chrétiens avaient reçu le baptême puis l’Esprit Saint par l’imposition des mains de Pierre et Jean, le baptême vient ici attester du don reçu.


Psaume 97,1-4.6

Le Seigneur révélé aux nations par son action victorieuse en faveur de la maison d’Israël, l’invitation faite à la terre entière de l’acclamer en manifestant sa joie, voilà bien ce que chante cette hymne dans laquelle Dieu est regardé comme le roi de l’univers.

Lorsqu’on lit l’intégralité du psaume on remarque sa proximité avec les chapitres du livre d’Isaïe traitant du retour de l’exil à Babylone, lui-même présenté comme une action nouvelle du Seigneur encore plus extraordinaire que la sortie d’Égypte. Et ce sont ces deux grandes libérations qui constituent le peuple comme témoin de Dieu aux yeux de toutes les nations.

• Jean 15,9-17

Ce passage fait suite à celui de dimanche dernier et l’ensemble du chapitre 15 appartient à ce qu’on a pris l’habitude d’appeler le ‘discours après la Cène’ que l’on reçoit comme le testament de Jésus. C’est dire l’importance de ce qu’il nous confie alors : Ce n’est pas nous qui avons choisi Jésus, c’est lui qui, le premier, nous a choisis pour amis. Le témoignage de l’Écriture est unanime : Dieu nous précède toujours ! Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés et a envoyé son Fils (deuxième lecture) ; ce n’est pas nous qui apportons Dieu à ceux qui ne l’ont pas encore rencontré, c’est l’Esprit Saint qui les habite tout comme nous (premièrelecture).

Notre première mission est d’accueillir pleinement ce don trinitaire en nous-mêmes, de le reconnaître déjà présent et à l’œuvre au cœur de tout homme, de nous en émerveiller et réjouir, d’y répondre avec gratitude et générosité. C’est là la source du plus grand amour : nous aimer les uns les autres comme Jésus nous a aimés, comme Dieu nous aime. Impossible ? Il ne s’agit pas nécessairement d’éprouver de l’affection pour ceux qui nous veulent du mal ou pour ceux qui commettent les pires actes de barbarie  - quoi qu’à la longue cela puisse aussi venir - mais de les ‘envisager’ (selon le mot magnifique de frère Christian, moine de Tibhirine) comme une personne pour qui Jésus a versé son sang. S’ils savaient ce qu’ils font, le feraient-ils  (cf. Jésus sur la croix, Lc 23,34) ? Aimer est un acte de libre volonté, une décision. Exigeant ? Peut-être pouvons-nous commencer avec ce qui est à notre portée et qui est souvent très simple : j’avais faim, j’avais soif, j’étais étranger, nu, malade, en prison… (Mt 25,31-46).


 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour l'Épître (1 Jean 4,7-10) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 6. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"