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"Quiconque s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé... "
 

• Ben Sira le Sage 3,17.18.20.28.29

Comme dans l’évangile du jour, la leçon d’humilité que le maître donne à son disciple est centrale. Alors que chez l’orgueilleux, toute œuvre, même apparemment bonne, est viciée, l’homme doux et humble trouve le bonheur, parce qu’il  vit en dépendance de Dieu. L’humilité authentique donne une appréciation juste de soi. Avec l’humilité, on peut accomplir son devoir et éviter ce qui dépasse son entendement et sa force. L’orgueil, cependant, engendre fausse grandeur, manque de jugement, entêtement, souffrance, affliction et perdition.  Mais alors, que faire si « La condition de l’orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui » ?

La réponse est sans doute dans le verset qui suit : « Qui est sensé médite les maximes de la sagesse ; l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute. » Être assez humble pour écouter les conseils des autres et ne pas s’enfermer dans son savoir. Écouter, c’est plus qu’entendre, c’est se laisser déplacer par la parole reçue.  L’attitude d’écoute est déjà un signe d’ouverture. Elle signifie que je reconnais qu’un A(a)utre peut m’enseigner. Je ne suis pas à moi-même ma propre référence. S’engager sur cette voie, c’est être assuré d’y rencontrer le Christ. Lui n’a pas revendiqué sa condition divine mais il s’est abaissé jusqu’à épouser notre humanité et à mourir pour nous sur la croix.


Psaume 67

Le psaume 67 est un chant d'action de grâces qui évoque les grandes étapes de l'histoire du peuple de Dieu. Le passage retenu nous livre quelques traits du portrait de Dieu qui confirment le bien-fondé des conseils de Ben Sira : « Grande est la puissance du Seigneur, et les humbles lui rendent gloire » (Si 3,20). « Père des orphelins, défenseur des veuves, A l'isolé, il accorde une maison ; aux captifs, il rend la liberté ». « Dieu est bon pour le pauvre ». Le Seigneur est venu à la rencontre de ceux qui sont dans une situation de détresse pour les consoler et les relever. 

• Luc 14,1.7-14

Les propos de Jésus témoignent de son bon sens des relations sociales. Outre leur lien avec lapremière lecture, ils renvoient aussi à d’autres versets de la littérature de sagesse : « Ne cherche pas à briller devant le roi, ne te mets pas à la place des grands ; mieux vaut que l’on te dise : « Monte ici », plutôt que d’être rabaissé devant un prince. » (Proverbes 25,6.7). 

Le passage est bien construit : une parabole développée en deux parties s’adressant à un « tu » et séparées parun proverbe d’ordre général applicable à tout homme. « Quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. » Mais la confirmation qui sera faite de la seconde affirmation par la mort et la résurrection du Christ (cf. Ph 2) montre que le propos dépasse le registre des civilités. C’est notre salut qui est en cause.

Les deux parties de la parabole se complètent. L’une s’adresse aux invités et l’autre à celui qui invite, si bien que tous ceux et celles qui sont dans la maison sont concernés. Ne pas se mettre à la première place peut relever de la fausse humilité, du calcul. Mais le Christ nous invite à aller au-delà des règles de bienséance.

La sagesse de Dieu n’est pas celle des hommes. Ce que Jésus demande, particulièrement dans la seconde partie, vient renverser les valeurs du monde. Inviter des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles, c’est pratiquer les œuvres de miséricorde et nous pouvons y être particulièrement sensibles en cette année de Jubilé. Le Christ s’inscrit ainsi dans toute une tradition biblique qui laisse apparaître que c’est par l’intermédiaire des plus petits, des moins qualifiés que Dieu sauve le monde. Leur donner gratuitement toute leur place, c’est leur reconnaître cette dignité.

Tout est don dans le Royaume, à commencer par le privilège d’être appelé à y entrer. Notre juste place sera celle qui nous sera attribuée. La pointe finale rejoint le message de lapremière partie : de même que  nous avons à attendre que nous soit attribuée la juste place, de même, à la Résurrection des morts, les œuvres de miséricorde exercées nous seront rendues. Jésus nous invite à un comportement digne du Royaume : inviter ceux qui n’ont ni bien, ni statut social. Lorsque le texte emploie comme ici le passif, appelé passif divin – cela te sera rendu – c’est Dieu qui est sujet. Alors, qu’avons-nous à craindre ?


On trouvera des pistes d'approfondissement pour l'Épître (Lettre aux Hébreux 12,18.19.22-24a) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 10. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
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