18° Dimanche ordinaire (3 août 2014)
 
 
"Tous mangèrent à leur faim... "
 

En nous rassemblant autour de la table de la Parole et celle du Pain, l’Église obéit à l’ordre du Seigneur : donnez-leur vous-mêmes à manger (Évangile). Le Seigneur, qui est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour pour nous, comme dit le psalmiste, ouvre sa main et rassasie avec bonté tout ce qui vit. En participant au repas de l’alliance éternelle, annoncée par le prophète Isaïe (1° lecture) et inauguré par Jésus, nous disons notre attachement à dieu. Avec Paul, nous pouvons proclamer : rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur (2° lecture).


• Isaïe 55,1-3 

A première vue, le rythme haletant du texte évoque une scène de marché. Installés sur une place, des commerçants proposent de l’eau, du vin, du lait et des viandes savoureuses ? Venez !... Venez !... Venez !... Le commerce cependant ici est un peu singulier, car on peut acheter sans argent et sans rien payer. Celle qui parle ne serait-elle pas Dame Sagesse du livre des Proverbes ? La sagesse de Dieu est accordée gratuitement à ceux qui répondent à son invitation.

Ici cependant, il y a plus que Dame Sagesse. C’est Dieu lui-même qui parle. Le Dieu de l’Alliance, le Dieu d’Abraham, de Moïse, de David. Par la bouche du prophète, il dit aux exilés qui rentrent à Jérusalem qu’il vient habiter avec son peuple. L’Alliance est vue comme un repas de fête, un cadeau que Dieu fait à son peuple. Elle est donnée sans conditions, unilatéralement et à jamais. Elle est une alliance éternelle. Le peuple de Dieu saura-t-il répondre à l’appel du Seigneur ? Saura-t-il se détourner des nourritures frelatées ? Saura-t-il manger le pain de la Parole ? Saura-t-il s’abreuver à la Source d’eau vive ?


Psaume 144

Ce psaume de louange s’appuie sur sui est le Seigneur , tel que Exode 34,6 le définit (Yahvé, le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de fidélité). Le psalmiste chante la fidélité de Dieu à son peuple. Le Seigneur n’est pas un Dieu lointain, indifférent du sort des siens, mais il est proche de ceux qui l’invoquent. Cette bonté de Dieu n’est pas réservée à quelques-uns, au seul peuple de l’Alliance. Elle a une portée universelle. L’amour de Dieu s’étend à tous ceux qui l’invoquent en vérité.

Dans la deuxième strophe, le psalmiste s’adresse directement à Dieu. Sa prière est une action de grâce pour la nourriture reçue de Dieu. Elle annonce le geste de Jésus qui ouvre la main et rassasie avec bonté tout ce qui vit.


Matthieu 14,13-21

Après la mort de Jean-Baptiste, Jésus se réfugie de l’autre côté du lac. Mais, suivant la barque des yeux, la foule contourne le lac pour rejoindre Jésus. On remarque que celui-ci ne délivre pas d’enseignement à la foule. Il se contente, si l’on peut dire, de guérir les infirmes. Par contre, il forme ses disciples. Ceux-ci jouent un rôle important dans la scène de la multiplication des pains. Ils la provoquent indirectement en demandant à Jésus de renvoyer la foule afin qu’elle puisse acheter des provisions. Loin d’accéder à cette demande, Jésus met les disciples face à leur responsabilité et leur demande de prendre soin de cette foule. Il leur dévoile ainsi leur rôle futur dans la communauté chrétienne : donner à manger gratuitement le pain de la Parole.

Avec les mêmes mots qu’il emploiera plus tard pour raconter l’institution de l’eucharistie, Matthieu décrit les gestes de Jésus. Celui-ci prend du pain, lève les yeux au ciel, prononce la bénédiction, rompt les pains et les donne à ses disciples. Les disciples, à leur tour, donnent le pain à la foule. On ne nous dit rien des poissons, l’accent est mis sur le pain. Le lecteur de l’évangile voit l’allusion au pain eucharistique et au pain de la Parole, distribué à tous. Le texte d’Isaïe, lu en première lecture, trouve ici son accomplissement. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas...Venez à moi ! Écoutez et vous vivrez ! 

Personne n’est exclu du repas du Seigneur. Il y a du pain en reste, beaucoup de pain. Le Seigneur ne le distribue pas chichement. Chaque apôtre dispose d’un panier plein. A lui de le distribuer dans le vaste monde pour que ce monde puisse vivre de la grâce et de la force de Dieu. Pain rompu pour un monde nouveau !


 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (Romains 8,35.37-39) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 10. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"