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"Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives... "
 

• 2 Rois 4,42- 44

Élisée, disciple et successeur d’Élie, est prophète dans le royaume d’Israël au IXe siècle av. JC. Ses gestes prophétiques sont racontés dans le livre des Rois. Dans ce livre, deux récits ont déjà mis en scène une « multiplication » de nourriture, la première avec Élie (1 R 17, 7-16), la seconde avec Élisée lui-même (2 R 4, 1-7), les deux au bénéfice d’une veuve et de son fils.

Dans le troisième texte, lu aujourd’hui, nous remarquons la manifestation d’une urgence vitale : la famine, l’apport par quelqu’un d’un aliment : les vingt pains, le constat d’une insuffisance au regard du groupe à nourrir : cent personnes, l’ordre néanmoins donné de distribuer la nourriture, un résultat tout à fait inattendu : la satisfaction du besoin et l’existence de restes.

Nous avons là tous les éléments de la multiplication des pains qui sera réalisée par Jésus et que préfigure le geste du prophète Élisée.


Psaume 144,10-11.15-16.17-18

Dans les Psaumes, le don de la nourriture est un motif fréquent de louange. Elle est toujours donnée à satiété : le Seigneur ne mesure pas son don, il ouvre sa main,  il  rassasie son peuple. Cette réponse à notre besoin le plus vital est sa manière à lui de se faire proche de nous. À  nous de l’invoquer et de rendre grâce. 


• Jean 6,1-15

La multiplication des pains est la scène la plus rapportée dans les Évangiles avec pas moins de six récits. Celui de Jean présente l’événement comme un « signe » par lequel Jésus met à l’épreuve la foi de ses contemporains. Cette mise à l’épreuve - occasion de faire preuve de leur foi -  rappelle celle des Hébreux confrontés au manque de nourriture dans le désert (Ex 16, 4). La mention de la Pâque, la deuxième à laquelle Jésus participe chez Jean, annonce discrètement la dernière (11, 55) qui marquera l’arrivée de « l’heure ».  

Nous retrouvons les éléments du récit d’Élisée avec un effet d’amplification : 5000 personnes au lieu de 100. C’est Jésus qui exprime le besoin de la foule en demandant à Philippe comment la nourrir. Il maîtrise l’événement : « il savait bien, lui, ce qu’il allait faire ». Alors qu’André a signalé les cinq pains et les deux poissons (le chiffre ‘sept’ peut signifier qu’il nous faut donner, nous donner, en plénitude) et que Philippe puis André ont exprimé leur doute, Jésus donne l’ordre de faire asseoir la foule et il passe lui-même à l’action : il prend les pains, rend grâce, c’est-à-dire qu’il s’adresse à son Père pour appeler son intervention et il distribue lui-même les vivres (évocation de la Cène). Chacun mange à sa faim et Jésus demande de rassembler les restes. Les douze corbeilles signifient une forme de plénitude, ouvrant l’événement sur l’avenir et sur d’autres possibles bénéficiaires. 

Divers éléments sont propres au récit de Jean : l’allusion à la Pâque, l’action personnelle de Jésus dans le don, et la conclusion : Jésus échappe à la foule qui voit en lui le prophète des derniers temps annoncé par Moïse (Dt 18, 15.18) et qui veut le faire roi (v. 15). Voulant  dissiper le malentendu sur son identité et sa mission, il se retire dans la solitude.

 

Le sens du récit, commun aux quatre évangélistes, c’est qu’à partir de ce que nous apportons, même si c’est modeste, le Christ démultiplie avec surabondance le don au bénéfice de la communauté. Mais Jean va longuement développer le sens du don fait par Jésus lui-même, dans le discours du pain de vie. 

 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour l'Épître (Éphésiens 4,1-6) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 9. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"