5° Dimanche de Pâques (18 mai 2014)
 
 
"Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie... "

Personne ne va vers le Père sans passer par moi, dit Jésus (évangile). Il est le Chemin, la Vérité et la vie. Pierre vivante, éliminée par les hommes, il est devenu la clé de voûte de l’Église, faisant de nous une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple qui appartient à Dieu (2° lecture).


Actes des Apôtres 6,1-7 

Dans la jeune communauté chrétienne éclate un petit conflit entre ceux qui s’expriment et prient en langue grecque et ceux qui le font en araméen. Les premiers s’estiment lésés dans la distribution des vivres. Les Douze ne laissent pas ce problème pourrir et envenimer la vie interne de l’Église. Ils organisent un débat et font des propositions pour régler le problème. Ils se rappellent certainement de ce que Jésus a dit lors du repas organisé dans la maison de Marthe. Celle-ci s’était efforcée de faire un service impeccable, mais Jésus avait donné Marie en exemple. Il ne s’agissait pas alors de rabaisser une des sœurs au profit de l’autre, mais de marquer la priorité de l’écoute de la Parole de Dieu sur toute autre activité. Assise aux pieds de Jésus, Marie symbolisait le travail essentiel de tout disciple. Ce principe est respecté ici.  Mais ils se rappellent certainement aussi les paroles de Jésus lors du dernier repas : « … Le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. » (Lc 22,25-26) Fidèles aux paroles et au comportement de Jésus, la communauté des disciples commence à s’organiser. De nouveaux ministères se mettent en place. Rien ne permet de penser que les prêtres qui ont rejoint la communauté aient continué d’exercer leur fonction dans le Temple. Tout est subordonné aux tâches essentielles, annoncées au début du livre des Actes : « Écouter l’enseignement des Apôtres, vivre en communion fraternelle, rompre le pain et participer aux prières ».


Psaume 32

Hymne à la Providence, le psaume commence par un invitatoire, prononcé à l’origine par un prêtre du Temple de Jérusalem. Il appelle l’orchestre et l’assemblée à crier de joie pour le Seigneur. Il faut s’imaginer un joyeux tintamarre qui célèbre l’action créatrice de Dieu. Dieu confie sa création aux hommes. Chaque jour, c’est un émerveillement devant sa puissance et sa bonté. Chaque jour monte vers lui un cantique nouveau. La louange s’adresse à la Parole créatrice de Dieu. Celle-ci n’est pas une parole abstraite, mais une parole dont on peut mesurer l’efficacité. Dieu dit et cela se fait. Le psaume développe les qualités de Dieu : il est droit, fidèle, juste. Il veille sur l’homme et il le sauve.


• Jean 14,1-12

Suite au lavement des pieds et au départ de Judas, Jésus annonce à ses disciples son prochain départ. Les disciples ne comprennent pas ses paroles et lui posent des questions. Jésus entame le premier des deux grands discours d’adieu.

En réponse à Simon Pierre qui n’accepte pas l’idée que Jésus s’en aille et les laisse seuls, Jésus annonce à ses disciples qu’il part le premier pour leur préparer une place. Quand reviendra-t-il ? Il ne le précise pas. S’agit-il du retour du Christ lors de sa résurrection ? Du retour du Christ à la fin des temps ? Pour le croyant, l’essentiel est de s’engager sur le bon chemin.

Thomas intervient à son tour. Pas plus que Pierre, il ne saisit les paroles de Jésus. Il comprend probablement que Jésus veut partir vers un pays lointain. Dans le langage si caractéristique de l’évangile de Jean, Jésus lui répond : « Moi, je suis ». Écho à la voix du buisson ardent. Écho au Prologue. Jésus, le Verbe de Dieu, se pose comme le seul chemin d’accès vers le Père. A la fin de l’évangile, en présence du Christ ressuscité, Thomas comprendra pleinement ce que Jésus veut dire. Il se fera l’interprète de la communauté chrétienne en disant : « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Philippe intervient en dernier. Il a compris que Jésus manifestait le Père, mais il ne voit pas bien comment. Il s’attend probablement à une manifestation éclatante de la gloire de Dieu, comme celle du Sinaï par exemple, dans le feu et l’ouragan. Mais Jésus lui révèle que la manifestation ultime de Dieu a pris figure humaine. Le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous. Le Fils est le visage visible du Père. Ce visage ne se révèle qu’aux yeux du croyant.


On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Pierre 2,4-9) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 7. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.