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4° dimanche de Carême (6 mars 2016)
 
 
"Mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie... "
 

• Josué 5,10-12

Entré en terre promise sous la conduite de Josué, le peuple entame une vie nouvelle : « Aujourd’hui, j’ai enlevé de vous le déshonneur de l’Egypte » (5,9). Pour la première fois le peuple célèbre la Pâque en mémoire de sa libération. Dès le lendemain il est appelé à faire l’apprentissage de cette liberté. Le fruit de la terre donnée par Dieu prend le relais du fruit du ciel. Il y a permanence du don mais celui-ci réclame désormais le travail de l’homme devenu adulte devant Dieu. Disposer avec bonheur et gratitude du don suppose une libre réponse (responsabilité) de l’homme. Tentation de profiter du don sans s’impliquer ou servilité malheureuse : les fils de la parabole montrent que la juste attitude n’est pas si facile à trouver !


• Psaume 33

Ce psaume est alphabétique. Il comporte autant de versets que de lettres de l'alphabet hébreu. Le premier verset commence par la première et ainsi de suite. C’est un procédé littéraire fréquent pour signifier que l’action de grâces englobe tout l’agir de Dieu manifesté par sa création et son salut. Il convient bien ici en réponse à la libération d’Égypte.


Luc 15,1-3.11-32

C'est l'Évangile dans l'Evangile, la perle des paraboles, la quintessence de la bonne nouvelle. Il n'y a pas de déchéance plus grave que celle de ce fils qui a quitté la maison paternelle, et il n'y a pas d'amour plus gratuit et plus grand que celui que ce père témoigne à ses deux fils. Splendide ! Cette parabole est plus intense encore que les deux précédentes, car il ne s'agit plus d'une brebis et d'une drachme, mais de deux fils qui illustrent les pécheurs qui se repentent et les « justes » qui pensent ne pas besoin de repentance.

Ce n'est pas, à vrai dire, la parabole du fils prodigue, car il y a deux fils et les deux entrent en scène, mais la parabole du père et de ses deux fils, et le père en reste de loin la figure principale. Jamais Jésus ne nous a laissé pénétrer aussi loin dans le mystère de Dieu et de son pardon. Jamais il n'a autant soulevé le voile qui cache la personne de Dieu, et jamais il n'a jeté une aussi vive lumière sur la condition et sur le destin de l'homme. On ne comprend pas bien pourquoi un seul évangile a conservé ce joyau.

Trop longtemps, on ne s’est intéressé qu’au fils cadet. Attardons-nous au fils aîné dont on prend assez spontanément la défense !

C'est lui, en fait, le vrai fils perdu, et pour de tout autres raisons. Son histoire est le contraire de celle de son frère, celle du juste qui n'a rien à se reprocher et dont le cœur reste fermé à l'amour et à la grâce. Il est le portrait vivant des pharisiens et des scribes et murmure comme eux. Pas question de célébrer le retour du cadet, de passer l'éponge sur tout le mal qu'il a fait !

Toute la cécité, l'ignorance, la dureté et la méchanceté de ce fils se dévoilent. Il a enfin une bonne occasion de montrer ce qu'il a dans le cœur. Il est lui aussi "aliéné", comme l'avait été son jeune frère, mais pour d'autres raisons. Il en appelle à ses qualités, son labeur, son obéissance, ses mérites (cf. Luc 18,21). Mais il a transgressé le plus grand commandement, celui de l'amour, et cela, il l'ignore. Il ne comprend rien à l'amour et ne sait pas ce qu'est la miséricorde. Il ne pense qu’à ses bénéfices. Une semence de mort se développe en lui.

Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi et tout ce que j'ai est à toi : c'est une nouvelle preuve de l'amour paternel. "Mon enfant...". Cet homme aime ses deux fils. L'aîné aussi doit partager sa joie. Mais il ne veut pas. Il mérite une leçon, des reproches. Le père aurait pu se mettre en colère contre lui, réprouver sévèrement sa conduite. Au lieu de cela, il lui témoigne sa tendresse et l'invite simplement à entrer et à se réjouir avec les autres.

Le fils aîné va-t-il refuser de partager cette joie ? Les pharisiens et les scribes vont-ils persister à murmurer ? La parabole s'arrête brutalement. On aimerait savoir ce que l'aîné répondit à son père, comment il réagit.

Le fils aîné s’exclut lui-même de la communion. Il ne réussira à rentrer que quand il pourra dire « mon frère ». Volontairement, Jésus n’a pas voulu conclure : la possibilité est réelle de ne pas vouloir se réconcilier avec le frère !

Mais c'est une question que nous devons nous poser à nous-mêmes, si nous voyons en nous les moindres traces de justice. Que répondrions-nous à Dieu ?

 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour l'Épître (2 Corinthiens 5,17-21) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 4. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"