Le Christ, Roi de l’univers (23 novembre)
 
 
"Venez les bénis de mon Père... car j'avais faim et vous m'avez donné à manger... "
 

L’année liturgique se termine avec la contemplation du Fils de l’homme jugeant l’humanité à la fin des temps (Évangile). Chacun sera jugé sur l’amour qu’il porte aux « petits ». L’évangile est complété par le texte du prophète Ézéchiel (première lecture) qui met en scène Dieu, le bon pasteur. Il veut qu’aucun de ses brebis ne se perde. Le psaume abonde dans le même sens : le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer.


• Ézéchiel 34,11-12.15-17

Le prophète Ézéchiel vit à une période particulièrement troublée. Une catastrophe s’est abattue sur le pays avec la chute de Jérusalem et la déportation d’une partie de la population. Tout le monde est responsable de cette situation, dit le prophète, mais plus spécialement les chefs. Le roi et sa cour ont mené une politique désastreuse. Et, en plus, ils ont donné le mauvais exemple en se détournant de la Loi de Dieu.

Au nom du Seigneur, le prophète annonce que Dieu lui-même prendra les choses en main et viendra diriger son peuple. Il sera le bon pasteur. Pour les hommes de la Bible, cette image est très parlante. Les troupeaux sont nombreux dans la région et tout le monde connaît le travail des bergers. Traditionnellement les rois d’Israël s’attribuaient le titre de pasteur. Le prophète décrit le Roi-Pasteur idéal. Contrairement aux mauvais chefs d’Israël, il exerce ses fonctions en faveur de tous, mais avec une prédilection pour les plus faibles.

 

Psaume 22

En harmonie avec le texte d’Ézéchiel, le psaume 22 chante le Seigneur qui guide son peuple. Le croyant s’assimile à une brebis qui se laisse conduire par un bon berger. Dans la première strophe, la brebis se repose dans un endroit qui fait rêver les habitants des pays chauds : des prés d’herbe fraîche. Le bon berger sait ce dont les brebis ont besoin. Il sait trouver les bons endroits. Il sait les y conduire.

Autre endroit idyllique : des eaux tranquilles qui font revivre. Le Seigneur sait y conduire. Pourquoi fait-il tout cela ? Parce qu’il est le Seigneur, tout simplement. Pour l’honneur de son nom. Quand arrive un passage dangereux, un ravin de la mort, le Seigneur est toujours là. Son bâton protège le troupeau et lui indique le chemin.

Les deux dernières strophes abandonnent l’image pastorale au profit de la maison ou de la tente. Le Seigneur accueille des invités, à la manière orientale. Parfum versé sur la tête, coupe débordante dans la main de l’invité.

Dans la dernière strophe, l’image de la maison devient plus claire. Il s’agit du Temple, la maison du Seigneur. Joie du pèlerin qui monte vers le Temple et qui voudrait rester définitivement dans la maison du Seigneur.


• Matthieu 25,31-46

Plusieurs lectures de ce texte célèbre sont possibles. On peut y voir une reprise de l’allégorie prophétique du bon pasteur. Jésus invite ses disciples à imiter son exemple et à avoir le même comportement envers les petits, c’est-à-dire les défavorisés de la vie. Celui qui donnera à manger et à boire au nécessiteux, qui l’accueillera, le vêtira, le soignera, le visitera et aura de la compassion pour lui sera un vrai disciple de Jésus et méritera d’être récompensé. Celui qui ne se comportera pas en fils du royaume et n’aura aucun égard pour ses frères n’aura pas de place à la table du Père. Cette interprétation se heurte cependant à une difficulté. Comment des disciples de Jésus peuvent-ils s’étonner d’être jugés sur l’amour ? L’amour du prochain est une constante de l’enseignement de Jésus. Ceux qui ont mis le précepte de l’amour en pratique et ceux qui ne l’ont pas fait peuvent-ils dire : « On ne savait pas » ? Tout disciple de Jésus sait qu’on ne peut dissocier l’amour de Dieu et l’amour du prochain.

Une autre lecture est possible. On peut remarquer que le discours du Fils de l’homme venu dans sa gloire s’adresse à toutes les nations. Tous les hommes sont donc concernés, ceux qui croient dans le Christ comme les autres. L’enseignement du Christ aurait donc une valeur universelle, dépassant le cadre des seuls pratiquants. Le juge de la fin des temps ne s’intéresse qu’au comportement humain ou inhumain de ceux qui comparaissent devant lui. Pour ceux qui se sont comportés de façon humaine, c’est une heureuse surprise de découvrir combien ils étaient proches du Christ. Les autres découvrent, un peu tard, qu’ils se sont exclus d’eux-mêmes de ce Royaume où l’amour des « petits » est la seule règle.

 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 15,20-26.28) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 12. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
Jérusalem: l'entrée du St Sépulcre
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"