4° dimanche du temps ordinaire (1er février 2015 )
 
 
"Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent... "
 

• Deutéronome 18,15-20

« C'est bien ce que vous avez demandé au SEIGNEUR votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l'assemblée… » Moïse rappelle ici un épisode passé au Mont Sinaï où le peuple, à l’approche de Dieu était terrifié si bien qu’il demanda à Moïse d’intercéder auprès de Dieu afin que lui-même, le peuple, n’ait pas contact direct avec Lui. Dieu accède à cette demande et promet un prophète.  Dieu lui-même prend la peine de caractériser ce prophète : c'est le prophète que Dieu suscitera. Et il le suscitera du milieu de toi : l’expression est claire. Il sera pris d’entre le peuple et non d'entre les païens, si riches, semble-t-il, en moyens d'information, au point qu'Israël est disposé à l’envier. Cette opposition avec les païens est accentuée par les mots d'entre tes frères, répétés. Cette précision n’est qu’à moitié surprenante quand on sait que de nombreux prophètes étrangers, poussaient le peuple vers d'autres cultes. On pense spontanément à Elie et ses démêlés avec les prêtres de Baal ! Jérémie qui est contemporain du Livre du Deutéronome a lui aussi été aux prises et, oh combien, avec les faux prophètes !

Ce prophète doit transmettre exactement ce que Dieu lui aura dit, sinon, il risque la mort, de la part des hommes, tandis que celui qui n’écoutera pas les paroles de ce prophète devra en répondre devant Dieu lui-même.


Psaume
94

De manière heureuse, ce psaume entrelace trois réalités : l’histoire, la Loi et le culte. Il souligne une certaine identité de situation entre ceux qui célèbrent actuellement et les pères : les fils, par le culte, refont symboliquement, cultuellement, ce que les pères ont vécu historiquement.

 Le culte, comme l’histoire, est le lieu des merveilles de Dieu dans la création et en même temps, celui d’un Dieu très proche qui conduit son peuple.

 Ceux qui viennent au Temple pourraient regretter de ne pas avoir vécu l’Exode avec ses hauts faits. Tout se passe comme si le psalmiste disait : ne pleurez pas : ceci vous pouvez le vivre aussi dans le culte. En effet, le culte est réactualisation de ce qui s’est passé hier.

Cf. au début de la nuit pascale, on demande à chaque juif de se considérer comme ayant été lui-même en Exode et le refaisant ce soir : Cf. Dt 6,20.21 : « Lorsque demain ton fils te demandera : "Qu'est-ce donc que ces instructions, ces lois et ces coutumes que le Seigneur notre Dieu vous a prescrites ?" Tu diras à ton fils : "Nous étions esclaves de Pharaon, en Egypte, et le Seigneur nous a fait sortir d'Egypte par sa main puissante. »

Celui qui célèbre devient contemporain de ce qui s’est passé dans l’histoire.

Aujourd’hui, on a une conception du culte tellement abstraite qu’elle nous a fait oublier que faire du culte c’est identiquement vivre ce qu’on célèbre. De plus, ceux qui ont vécu l’histoire et ceux qui vivent le culte sont soumis à la même Loi.

Pères et fils sont logés à la même enseigne : ils ont à écouter sachant que écouter, c’est obéir. Les 1ers n’ayant pas écouté, ne sont pas entrés dans la Terre ! Les seconds risquent de ne pas entrer dans le temple, au sens où leur culte serait refusé par Dieu !
 

Marc 1, 21-28

Le texte de ce jour relate la première intervention de Jésus dans une synagogue, celle de Capharnaüm. Jésus n’est plus seul, il arrive en compagnie de ses disciples : Chez Marc, ceux-ci sont, dès le début, témoins de son activité.   

De fait, immédiatement après leur appel – texte vu dimanche dernier, le récit enchaîne : « Et ils pénétrèrent à Capharnaüm ». C’est donc d’un groupe déjà constitué qu’il s’agit, même si les disciples n’auront aucune place particulière dans l’épisode. Jésus s’en détache : « entrant dans la Synagogue, il enseignait ». Au milieu d’eux, il apparaît comme le maître.

A sa proclamation du début (1,16) fait suite son enseignement non de « belles paroles » mais en actes : la guérison du démoniaque est incluse dans l’enseignement. Le cadre du récit est la synagogue où Jésus enseigne un jour de sabbat. A peine entré dans la ville, (v.21 : « Et aussitôt ») Jésus passe à l’action. Le sabbat a rassemblé les hommes à la synagogue. Tout se passe comme si le nouveau rabbi occupait d’emblée le siège doctoral appelé, « chaire de Moïse » (Mt 23,2) où s’asseyaient les Scribes pour expliquer et interpréter la loi mosaïque.

Marc, par 4 fois, (21b ; 22 ; 22 ; 27) insiste sur l’enseignement de Jésus sans en livrer toujours le contenu. Mais d’emblée, il en souligne l’originalité profonde. Le savoir du Maître surpasse celui des scribes de tout son ascendant personnel (v.22). Il est impossible de ne pas noter le rapprochement fait par le texte entre l’autorité de l’enseignement et l’autorité sur les esprits. Et cette autorité est celle d’un homme qui a quelque chose à dire et à faire, au nom de ce qu’il vit. On est loin des lieux communs et des idées reçues, même si, sans doute, Jésus emploie les  mêmes mots que Scribes et Docteurs de la loi. Il se passe quelque chose. L’auditeur est atteint. Du neuf est créé ! Jésus fait ce qu’il dit !

 

On trouvera des pistes d'approfondissement pour la deuxième lecture (1 Corinthiens 7,32-35) ainsi que de brèves citations d'auteurs spirituels d'hier et d'aujourd'hui dans les Fiches Dominicales n° 3. Ceux qui préparent la liturgie y trouveront aussi des idées pour une mise en œuvre.

 
 
Vidéo
La fenêtre du père Marc :
"Je ne chante pas pour passer le temps"