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Isaïe
1389
Prophétie de l'Emmanuel
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Autané Maurice
Lecture sainte d'Isaïe 7,1-17
Commentaire au fil du texte
 
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Regarder – méditer – prier : nous respectons les trois temps de la "lectio divina" ou lecture sainte afin que méditation et prière, pour ceux et celles qui le souhaitent, s’appuient sur une écoute attentive du texte biblique. 


Dans le texte célèbre d'Isaïe 7 où brille la figure de l'Emmanuel, les chrétiens voient immédiatement l'icône de Jésus et de Marie ! Ce n'est pas faux, mais ce n'est pas la seule lecture. Dans un premier temps, observons le texte lui-même avec attention et sans a priori.

Regarder

Repérons d'abord le mouvement du récit. Les deux premiers versets donnent le ton. L'heure est à la guerre, avec toutes les menaces pour la survie qu'elle représente. Résultat : agitation générale dans le peuple. Mais il y a comme un sursis ("ils montèrent contre Jérusalem pour l'attaquer, mais ils ne purent lui donner l'assaut"). C'est dans cet interstice que se glisse une double parole du Seigneur. Elle divise le récit en deux parties, complémentaires, qui marquent la montée de l'intensité. Dans la première partie (v.3 à 9), le Seigneur parle, mais par l'intermédiaire du prophète : "Le Seigneur dit à Isaïe : Sors à la rencontre d'Akhaz…Tu lui diras :…" ; dans la deuxième partie (v.10 à 17), le Seigneur semble s'adresser directement au roi Akhaz, comme s'il y avait urgence !

La première parole est à tonalité guerrière. Regardons le vocabulaire employé : "rester calme", "(ne pas) craindre", "tison fumant", "ardente colère", "résoudre la perte", "écraser", ne pas subsister"… Et, encadrant ce tableau menaçant, un appel à la foi. Par ses propres moyens, le peuple ne peut résister contre l'ennemi. Il faut faire confiance au Seigneur qui agit : "Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas." (v.9).

La deuxième parole, solennelle, prolonge la première, mais sur le seul registre de la foi. Le signe de l'enfant est au centre. Dieu pousse le roi à demander ce signe, à la mesure de la foi qu'il attend de lui. Devant le refus royal (manque de foi ?), Dieu choisit pour lui. Le signe ? La naissance d'un garçon à la cour du roi. Son nom est donné : Emmanuel. Nom symbolique, "Dieu avec nous". Cette naissance annonce aussi la défaite de ceux qui menacent Jérusalem : "elle sera abandonnée, la terre dont tu crains les deux rois." Annonce de bonheur.

Méditer

Le début du récit qui situe et explique le pourquoi de l'intervention divine nous touche. C'est l'angoisse devant l'avenir menacé. Ici, c'est une guerre qui risque de réduire à néant Jérusalem et son histoire. À vues humaines, impossible de résister, l'ennemi est trop fort. Le découragement gagne, qui cache toutes les possibilités de sortir de la crise.

Aujourd'hui, savons-nous lire les signes de Dieu ? Et pourtant, Dieu continue d'en donner. Ils peuvent apparaître banals, comme la naissance d'un enfant, mais le signe est comme un signal qui indique autre chose. Une naissance, n'est-ce pas parier sur un avenir ? Elle ouvre un avenir de salut. La foi fait sortir des blocages et des aveuglements engendrés par la peur.

 Prier

La prière jaillit de la méditation sur notre vie, sur toutes nos raisons de croire contre la peur, croire en l'avenir : "Seigneur, augmente en moi la foi…"


© SBEV. Maurice Autané
 
Is 7,1-17
1Aux jours d'Akhaz, fils de Yotam, fils d'Ozias, roi de Juda, Recîn, roi d'Aram, et Péqah, fils de Remalyahou, roi d'Israël, montèrent contre Jérusalem pour l'attaquer, mais ils ne purent lui donner l'assaut.
2On annonça à la maison de David : « Aram a pris position en Ephraïm. » Alors, son coeur et le coeur de son peuple furent agités comme les arbres de la forêt sont agités par le vent.
3Le SEIGNEUR dit à Esaïe : « Sors à la rencontre d'Akhaz, toi et ton fils Shéar-Yashouv, vers l'extrémité du canal du réservoir supérieur, vers la chaussée du champ du Foulon.
4Tu lui diras : Veille à rester calme, ne crains pas ! Que ton coeur ne défaille pas à cause de ces deux bouts de tison fumants, sous l'effet de l'ardente colère de Recîn, d'Aram et du fils de Remalyahou.
5Puisque Aram - avec Ephraïm et le fils de Remalyahou - a résolu ta perte en disant :
6"Montons contre Juda pour l'effrayer, pénétrons chez lui pour l'amener à nous et installons-y comme roi le fils de Tavéel",
7ainsi parle le Seigneur DIEU  : Cela ne tiendra pas, cela ne sera pas !
8Car la tête d'Aram, c'est Damas et la tête de Damas, c'est Recîn - encore soixante-cinq ans et Ephraïm écrasé cessera d'être un peuple -
9la tête d'Ephraïm c'est Samarie et la tête de Samarie, c'est le fils de Remalyahou. Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas. »
10Le SEIGNEUR parla encore à Akhaz en ces termes :
11« Demande un signe pour toi au SEIGNEUR ton Dieu, demande-le au plus profond ou sur les sommets, là-haut. »
12Akhaz répondit : « Je n'en demanderai pas et je ne mettrai pas le SEIGNEUR à l'épreuve. »
13Il dit alors : Ecoutez donc, maison de David ! Est-ce trop peu pour vous de fatiguer les hommes, que vous fatiguiez aussi mon Dieu ?
14Aussi bien le Seigneur vous donnera-t-il lui-même un signe : Voici que la jeune femme est enceinte et enfante un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel.
15De crème et de miel il se nourrira, sachant rejeter le mal et choisir le bien.
16Avant même que l'enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont tu crains les deux rois.
17Le SEIGNEUR fera venir sur toi, sur ton peuple et sur la maison de ton père, des jours tels qu'il n'en est pas venu depuis qu'Ephraïm s'est détaché de Juda - le roi d'Assyrie.
 
Vidéo
La Bible en questions, du site biblique francophone interbible.org