Lectures du dimanche

LITURGIE CATHOLIQUE

Retrouvez les commentaires bibliques des textes liturgiques des dimanches, réalisés par notre Service, en partenariat avec les Fiches Dominicales.

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UN FILM SUR NOË et le déluge....

Celui qui verse le sang

Ce titre est celui du quatrième album de la bande dessinée scénarisée par les auteurs du film. C’est aussi un élément de la « loi de fer » (à la fois concession et protection) énoncée par Dieu à la fin du Déluge : « Qui verse le sang de l’homme par l’homme verra son sang versé » (Genèse 9,2-4).

Dans la Bible, la limitation de la violence s’accompagne de l’autorisation de manger les animaux et, plus largement, de la domination humaine sur ceux-ci par « la crainte et l’effroi ». La B.D. et le film estompent ce dernier aspect pour se concentrer sur la seule violence entre humains. Trahison partielle, assumée avec audace… et à demi convaincante.

Le mythe de la fin de la violence

La B.D. et le film sont longs. L’histoire biblique est brève. De Noé lui-même et de ses sentiments, elle ne dit rien. Mais, par trois fois, elle donne accès aux propos intérieurs de Dieu. Aronofsky, lui, s’intéresse d’abord à Noé, héritier des « fils de Seth », végétariens, combattus par les « fils de Caïn », carnivores.

Les uns et les autres doivent tuer. Noé pour se défendre, Tubal-Caïn, le « méchant », pour survivre. Entre les deux, Cham hésite. D’où vient la violence ? En éludant la sauvagerie des animaux, le film affronte les diverses formes qu’elle prend en l’homme. Le discours est peut-être naïf, sa mise en scène ne manque pas de grandeur désespérée… Dans la lignée des héros de Requiem for a dream (2000)ou Black Swan (2011), Noé est quelqu’un de déjanté, mené par une addiction qui n’est plus la drogue ou la danse mais Dieu – l’idée qu’il se fait de Dieu.

Aronofsky revisite les figures imposées du mythe biblique (le serpent, l’arrivée des animaux, le déluge), en invente d’autres (Mathusalem, les Veilleurs) et restreint le spectaculaire à l’indispensable. On appréciera ainsi le rôle des Veilleurs, éloignés tant des monstres du Seigneur des Anneaux que des anges déchus de l’antique livre d’Hénoch. De plus, en accord avec notre imaginaire contemporain, il explore les relations père-fils (Lamech-Noé-Cham) et développe les figures féminines (Naameh, femme de Noé, et Ila, femme de Sem) dans un drame intimiste servi par un trait vibrant (pour la B.D.), des plans serrés et une musique obsédante (pour le film).

Le Créateur et ses créatures

Le film, comme la B.D. avant lui, reprend un lieu commun, certes tragique : le silence de Dieu, appelé ici  le « Créateur ». Le langage divin est celui des signes à interpréter. De ce point de vue, le spectateur est un peu surpris d’avoir une longueur d’avance sur Noé. Le « Créateur » qui fait jaillir d’une goutte d’eau une fleur ou d’une source une forêt est aussi celui qui arrête la pluie quand la grossesse d’Ila arrive à terme. Là où nous voyons un signe de bienveillance, Noé s’aveugle : le renouveau de la création ne peut s’accompagner de la présence humaine. Ceci dit, il n’est pas sûr qu’Aronofsky sache bien dénouer l’intrigue qu’il a tissée – contrairement à Black Swan, son précédent film. Malgré tout son talent, peut-être a-t-il mésestimé la puissance du mythe.

Gérard Billon 


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De l'ancien et du nouveau. Pages choisies de l'évangile de Matthieu
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Jean-Louis Ska  tente, dans ce petit ouvrage de lecture facile, de faire sortir le lecteur de l'évangile de Matthieu d'une certaine monotonie... comprise au sens propre ! Il définit en effet le premier évangile comme une « cantate à deux voix » du fait des deux axes sur lesquels il se développe : celui des événements de la vie de Jésus et celui de leur interprétation basée sur les Écritures.

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